Victoria Abramova, PDG de Mars France : « En France, les négociations commerciales sont très focalisées sur les prix »
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Victoria Abramova, PDG de Mars France
Giulietta Gamberini
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Victoria Abramova, PDG de Mars France
Giulietta Gamberini
Lors de la neuvième édition de Choose France, le groupe américain familial Mars a annoncé plus de 100 millions de nouveaux investissements dans l'Hexagone, où il est présent depuis 1967 et exploite à Haguenau sa plus grande usine européenne de production de M&M's.
Un montant détonant au moment où l'industrie agroalimentaire française déplore une rentabilité insuffisante pour investir dans son avenir, et déplore la destruction de valeur générée par la guerre des prix entre les enseignes de la grande distribution.
À l'occasion du lancement d'un partenariat entre M&M's et le Tour de France, Victoria Abramova, PDG de Mars France, nous a expliqué les raisons de ce choix, malgré des relations particulièrement tendues dans l'Hexagone avec les distributeurs.
La Tribune - Que représente la France pour Mars ?
Victoria Abramova – Avec 3,7 milliards d’euros de ventes en 2025 (sur 55 milliards de dollars au niveau mondial, ndlr), la France est pour Mars le troisième marché européen. Elle concentre aussi sept de nos 24 usines en Europe : 5 000 personnes y sont employées. Entre 2021 et 2026, en outre, nous y avons investi 500 millions d’euros, afin d’augmenter nos capacités de production, mais aussi de décarboner et moderniser nos sites. C’est entre un tiers et un quart de l’ensemble de nos investissements européens.
Les agro-industriels français déplorent des relations particulièrement difficiles avec la grande distribution. Mars est une multinationale présente dans plusieurs pays. Que constatez-vous ?
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L’objectif de tous les maillons de la chaîne agroalimentaire est commun : répondre aux attentes des consommateurs français. Nous avons tous un rôle important à jouer.
Mais c’est vrai qu’au niveau du groupe, en comparaison avec d’autres pays, la France est souvent associée à des négociations annuelles sous tension. La grande distribution française, qui opère via quatre grandes centrales d’achat, est particulièrement concentrée. Son rapport de force et son pouvoir de négociation face aux 23 000 entreprises agroalimentaires présentes dans le pays sont donc déséquilibrés. Aujourd’hui, 91 % du chiffre d’affaires de Mars France est négocié en Espagne ou à Bruxelles (à travers des centrales d’achat européennes, ndlr), alors même que nous payons nos impôts et rémunérons nos collaborateurs ici.