Dans les petits papiers de la Commission européenne et de l'OTAN, la PME bretonne SEAir espère obtenir prochainement une collaboration majeure avec la DGA, grâce à son drone naval de surface. Équipé de foils, cet engin militaire offre ainsi une certaine stabilité et un rayon d'action plus important. Une levée de fonds de plusieurs millions d'euros est en préparation pour industrialiser sa solution.« Pour moi, nous apparaissons comme un game changer », n'élude pas Richard Forest, le président de la société bretonne SEAir. Bien que peu connue du grand public, la petite PME séduit dans le secteur de la défense grâce à une innovation technologique maritime. Fondée au cours des années 2010 comme bureau d'études spécialisé sur les foils, l'entreprise a décidé d'adapter cet élément à des usages militaires et sécuritaires et de devenir un acteur industriel à part entière.
« Concrètement, grâce au foil, nous faisons gagner un état de mer. Nous permettons ainsi aux engins équipés d'aller plus vite et plus loin, car la consommation de carburant est réduite du fait que l'embarcation percute moins les vagues ou la houle. Par ailleurs, en faisant voler le bateau au-dessus de l'eau, car c'est de cela qu'il s'agit, nous le faisons gagner en stabilité. Un point essentiel pour les équipements embarqués comme des radars ou des systèmes d'armes, et les communications satellitaires », expose l'entrepreneur.
Le foil a surtout fait parler de lui à l'occasion de grandes courses maritimes. Mais SEAir développe actuellement un drone naval militaire de surface équipé de ce foil, ce qui permettra de doubler le rayon d'action de missions militaires.
Au-delà de la distance grâce à une consommation de carburant divisée par deux et couplée à des pods propulsifs électriques de haute puissance, SEAir offre aux forces armées tricolores la possibilité pour ses embarcations équipées de virer à plat. Des arguments qui n'ont pas tardé à faire mouche auprès de certains soldats.
Exercice de l'OTAN
Installée à Lorient, dans le Morbihan, SEAir a fait ses premiers pas dans la défense en remportant à la fin des années 2010 un concours d'innovation pour les forces spéciales, avec ce projet, lors d'une édition du salon professionnel Sofins. Depuis, la société est entrée dans les radars de l'AID, l'Agence d'innovation de défense, mais aussi de certaines institutions continentales comme l'Agence européenne de défense.