États-Unis : la croissance américaine révisée en nette hausse, l'inflation au plus haut depuis trois ans

La Fed se fonde sur l'indice PCE pour déterminer sa politique monétaire.
/FW1HFS/Shilpi Majumdar - REUTERS - THE NEW YORK TIMES - Sarah Silbiger

La Fed se fonde sur l'indice PCE pour déterminer sa politique monétaire.
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La croissance américaine a été revue en nette hausse au premier trimestre. Elle a une nouvelle fois été révisée à 2,1 % en rythme annualisé contre 1,6 % précédemment estimé, selon des données officielles publiées ce jeudi. Les États-Unis mettent en avant le rythme annualisé, qui projette sur l'ensemble de l'année l'évolution observée pendant trois mois. Par rapport au dernier trimestre 2025, l'activité dans la première économie mondiale a ainsi progressé de 0,5 % sur les trois premiers mois de l'année.
Mais en parallèle, les États-Unis ont connu en mai une inflation au plus haut depuis trois ans, à 4,1 % sur un an, selon l'indice PCE, publié jeudi, privilégié par la Réserve fédérale américaine (Fed) pour jauger la pression des prix sur les Américains. Les prix ont connu un rebond soudain aux États-Unis après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient et la flambée du coût de l'essence.
Ces dernières données sont conformes aux attentes des marchés financiers, et dans la même veine que l'indice des prix à la consommation (CPI) pour mai, dévoilé plus tôt ce mois-ci. Pour rappel, la Fed préfère se fonder sur l'indice PCE pour déterminer sa politique monétaire. Elle vise une inflation limitée à 2 %, objectif manqué depuis plus de cinq ans.
Cette cible semblait à portée de main début 2025. Mais la situation s'est dégradée graduellement ensuite, notamment du fait des droits de douane mis en place par le président Donald Trump. La guerre contre l'Iran a marqué une rupture encore plus significative. L'inflation restait limitée à 2,8 % avant les premiers bombardements israélo-américains, le 28 février.
L'envolée des prix à la pompe n'est pas seule responsable du rebond de l'inflation. Hors prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, elle s'accélère aussi, à 3,4 % en mai sur un an (contre 3,3 % en avril).
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« Les États-Unis sont à nouveau confrontés à un problème d'inflation », a résumé dans une note Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union. « Le logement, les soins de santé et l'électricité exercent également une pression sur le budget des ménages et sur l'inflation globale. »
Elle pointe toutefois une « bonne nouvelle » : le reflux des prix à la pompe au mois de juin, qui reflète la baisse des tensions au Moyen-Orient. La guerre, impopulaire aux États-Unis, a mis sous pression l'exécutif américain à quelques mois d'élections nationales, et le président Trump s'est efforcé de sceller une sortie de crise avec Téhéran.
En moyenne à l'échelle nationale, le prix de l'essence de base est repassé cette semaine sous quatre dollars le gallon (soit 3,8 litres, volume de référence dans le pays), selon les relevés de l'association automobile américaine (AAA). Cela reste supérieur au niveau d'avant la guerre (environ trois dollars), mais les cours du brut continuent de chuter.
« Avec la chute des cours du pétrole, qui sont repassés sous la barre des 70 dollars le baril (pour la référence américaine, le WTI, NDLR), nous estimons que l'inflation globale a atteint son pic et qu'elle devrait s'orienter à la baisse au second semestre, à condition que le détroit d'Ormuz reste ouvert », a expliqué Kathy Bostjancic, économiste de l'assureur Nationwide.
Selon les calculs de Mark Zandi, économiste de Moody's, la guerre coûte déjà 1 000 dollars à un ménage américain moyen, et même « probablement plus ».
Il y a l'essence, bien sûr, mais la facture énergétique liée au conflit est aussi répercutée par les entreprises sur les prix alimentaires, livraisons de produits, billets d'avion… Mark Zandi compte également l'impact fiscal dû aux dépenses militaires accrues et celui sur les coûts d'emprunt, les prêteurs réclamant une meilleure rémunération quand l'inflation grignote leurs gains futurs.
À l'issue de sa dernière réunion de politique monétaire, la Fed a signalé qu'elle pourrait prochainement augmenter ses propres taux d'intérêt. La banque centrale fait désormais du retour à la stabilité des prix sa priorité.
(Avec AFP)