Une nouvelle étude de l’Office européen des brevets (OEB) montre que le nombre de femmes dans les sciences augmente légèrement, mais elles demeurent fortement sous-représentées parmi les inventeurs déposant des brevets. La France et plusieurs universités se distinguent toutefois, comme à Lyon en sciences de la vie ou à Grenoble pour l’ingénierie.Le chiffre est encore loin de transpercer le plafond de verre : évalué à 13,8 % en 2022 (contre 13 % en 2019), la proportion de femmes inventrices en Europe n’aura progressé que faiblement ces dernières années, comme le révèle la dernière étude de l’Office européen des brevets (OEB), publiée ce mardi, à quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars.
L’écart entre les sexes demeure même particulièrement marqué au sein des start-up deeptechs déposant des brevets : seules 13,5 % d’entre elles comptent une femme parmi leurs fondateurs.
« La faible participation des femmes aux dépôts de brevets ne s’explique pas par un manque de résultats scientifiques de qualité, mais plutôt par des facteurs sociaux, institutionnels et économiques qui influencent les trajectoires professionnelles », relève cette étude européenne, qui pointe un paradoxe : « les start-up les plus récentes affichent une proportion plus importante de femmes fondatrices, mais leur représentation diminue lors des tours de financement ultérieurs, plus avancés », note l’OEB.
Son étude relève également de fortes disparités entre les États européens. Avec parmi les meilleurs élèves, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande qui présentent ainsi des taux de participation féminine plus élevés, tandis que les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne figurent en queue de peloton.
Et ce, alors que la stratégie industrielle de l’UE et le Conseil européen de l’innovation (EIC) insistent sur l’importance de développer, partout, des écosystèmes d’innovation inclusifs pour renforcer la compétitivité européenne au cœur des technologies stratégiques.