Il avait qualifié l’année 2024 « d’annus horribilis ». A l’heure de tirer le bilan de l’année 2025, le tableau de l’économie française marqué par l’instabilité, le manque de visibilité et de confiance éclipse les quelques points positifs. « De 2025, je dis que le choc économique a duré au-delà de 2024 », formule Patrick Lesbros, président du Tribunal des Activités Économiques (TAE) de Marseille – le tribunal de commerce de Marseille faisant partie des 12 tribunaux de commerce à expérimenté le TAE pour une durée annoncée de quatre ans depuis le 1er janvier 2025.
A Marseille comme ailleurs, le constat est le même. « Nous sommes les yeux et plus largement les cinq sens de l’économie : nous captons les signaux et anticipons les situations qui se dégradent ». Les signaux, eux, sont majoritairement alarmants et témoignent d’une conjoncture économique qui se dégrade. « Le nombre d’injonctions de payer évolue – +8% en 2025, signe que l’outil est utilisé mais également signe d’une situation qui se détériore – et c’est également le cas des demandes de reports d’assemblées générales annuelles, le contentieux est de plus en plus technique, les rendez-vous de prévention des entreprises en difficulté augmentent, les audiences de traitement des entreprises en difficulté sont plus longues, de deux heures en moyenne. L’ensemble de ces signaux montre que la conjoncture se dégrade et que l’on anticipe des défaillances à venir », liste Patrick Lesbros. Et de faire le pronostic qu’aux facteurs structurels s’ajoutent les facteurs conjoncturels. « Une conjoncture qui dure fragilise une entreprise. Si l’entreprise est en bonne santé, est en capacité de se remettre en cause et de faire évoluer son modèle, elle arrive à s’adapter même dans une économie dégradée. Mais elle ne peut le faire que six mois, un an car elle n’est pas faite pour évoluer dans un secteur conjoncturel dégradé pendant plusieurs années ».