Prix bas plébiscités par les consommateurs, concurrence accrue, e-commerce : le retail physique souffre. Symbole d’un marché en proie à l’évolution des modes de consommation et à une conjoncture marquée par le manque de visibilité.Le dernier exemple en date a surpris : Jott, la célèbre enseigne de doudounes légères a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Marseille, avec une période d’observation de six mois. Mais l’enseigne vient seulement s’ajouter à la triste et longue liste – Kaporal, Minelli, Alinéa, … - des marques françaises en difficultés. Si ce n’est, liquidées. « Le retail est un secteur d'activité qui souffre depuis 2024, notamment le textile et l’ameublement », analyse Patrick Lesbros, président du tribunal de commerce de Marseille, tribunal des activités économiques depuis janvier 2025.
« Tout le secteur est frappé »
Et il est bien impossible de dessiner le portrait-robot de ces entreprises. « C'est un secteur pour lequel il n’y a pas de règles d'ancienneté ou de tailles d’entreprises davantage concernées. C'est tout le secteur qui est frappé », indique le magistrat alors que la France a enregistré un nombre record « dramatiquement historique » de plus de 70 000 défaillances d’entreprises en 2025. Dans le ressort marseillais, « le nombre de défaillances enregistrées par le tribunal en 2025 a été relativement stable. Nous restons sur un plafond très haut de défaillances après la forte hausse de 2024 mais la dégradation ne s’est pas empirée par rapport à l'année dernière ». Toutefois, les conséquences sociales sont toujours aussi importantes, si ce n’est plus. « Avant la crise du Covid, l'effectif moyen de salariés placés sous protection du tribunal de commerce de Marseille se situait entre 4 000 et 5 000 par an. L’année dernière, 25 000 salariés ont été placés sous protection - dont 12 000 du groupe Hopps. Cette année, l’effectif sera également de 12 000, 13 000 salariés », déplore le président de l’instance.
Pour autant, des tendances sur le marché du retail non alimentaire se dessinent. Pour Laëtitia Faure, fondatrice du bureau de tendances marketing Urban Sublime, « le retail se polarise, comme le monde actuel ». D’un côté, les enseignes aux prix bas agressifs qui sont plébiscités - Action est l’enseigne préférée des Français - et de l’autre, les enseignes du luxe ou des marques anciennement de moyenne gamme qui se premiumisent et qui offrent une expérience client haut de gamme. Au milieu, les enseignes de milieu de gamme souffrent et qui, « si elles ne travaillent pas sur le design de leur magasin, leur prix et l’expérience proposée, périclitent ».