ENTRETIEN. Le Parlement européen a adopté un rapport pour contrer la crise du logement. L’eurodéputée Isabelle Le Callennec en détaille les leviers : simplification et financements.LA TRIBUNE. Le Parlement européen vient d’adopter, ce mardi, le rapport « Crise du logement dans l’Union : proposer des solutions pour un logement décent, durable et abordable ». Quel est votre regard sur ce texte ?
ISABELLE LE CALLENNEC. La crise du logement touche tous les pays européens différemment. Pour y remédier, le rapport — fruit de 49 compromis entre les groupes politiques — incite à l’action tout en respectant le principe de subsidiarité. Le logement relève en effet des États membres. Si l’Union européenne souhaite être utile, elle doit adapter certaines règles et favoriser les financements pour construire plus et rénover mieux.
Simplifier les normes et libérer l’investissement
Concrètement, comment la Commission européenne doit-elle s’en inspirer, alors qu’elle a déjà présenté son plan en décembre dernier ?
Elle doit simplifier et lever les freins réglementaires. Le rapport demande à la Commission d’inventorier la législation européenne. L’objectif : corriger ce qui freine l’offre de logements et promouvoir la rénovation thermique ou l’accession à la propriété.
En outre, l’Union européenne doit mobiliser des investissements publics et privés. La Banque européenne d’investissement consacrera 6 milliards d’euros au logement en 2026. Il faut maintenant s’assurer que les opérateurs accèdent facilement aux prêts grâce à la plateforme paneuropéenne prévue pour le troisième trimestre 2026. Les règles prudentielles de la Banque centrale européenne ne doivent pas freiner l’octroi de crédits immobiliers, notamment aux primo-accédants.
Soutenir le logement intermédiaire et les régions
Sauf que les politiques du logement restent nationales, voire locales…