Alors que la Fédération Unie des Auberges de Jeunesse (FUAJ), organisme historique français de ce modèle d’hébergement, a été liquidé début mars, ses activités ont été reprises la semaine dernière par le groupe mutualiste étudiant lyonnais, la Smerra. Celui-ci reprend la quasi-totalité des auberges, soit 36 établissements et 288 salariés.L’annonce de sa liquidation, début mars, avait suscité une vive inquiétude dans le milieu du tourisme social et scolaire notamment : les auberges de jeunesse de la FUAJ (Fédération Unie des Auberges de Jeunesse), accueillaient en effet, depuis la création de celle-ci en 1956, de nombreux groupes scolaires, des colonies, des groupes de personnes handicapées, etc.
Inquiétude d’autant plus grande que la FUAJ était aussi la représentante en France du réseau international HI (Hostelling International) auquel une cinquantaine d’auberges de jeunesse indépendantes (en plus des 36 de la FUAJ) étaient affiliées.
La reprise de ses activités, l’essentiel des 36 auberges et 288 salariés (sur 300) par le groupe mutualiste lyonnais Smerra, l'un des principaux acteurs français de la protection sociale étudiante et du logement étudiant (20.000 logements avec les marques Logi Fac et Fac Habitat), devrait permettre à ce réseau historique des auberges de jeunesse de perdurer.
L’offre de la Smerra a été retenue parmi une quarantaine de propositions initiales. Parmi les principaux compétiteurs à la reprise : VVF/UCPA, Braxton, Valuestate et Nexhos.
Un modèle à bout de souffle
La FUAJ opérait depuis 2019 dans le cadre d’un plan de continuation, validé quelques mois après son placement en redressement judiciaire en 2018. Il prévoyait alors un apurement du passif de 9,4 millions d’euros sur six ans mais avait été réaménagé en 2021 afin de tenir compte des difficultés liées à la crise sanitaire. En 2020, le chiffre d’affaires de la FUAJ avait en effet chuté de 25 à 11 millions d’euros.
« La FUAJ avait été fragilisée par l’arrivée du secteur marchand sur son territoire, avec de nouveaux codes marketing et un parc neuf. En face, la FUAJ travaillait dans des établissements détenus majoritairement par des collectivités locales au budget de plus en plus contraint (6 auberges appartenaient en propre à la Fédération, ndlr). Cependant, beaucoup d’actions ont été menées pour redresser la barre dans le cadre du plan de continuation, avec des investissements et une transformation qui nous a permis d’être présents aussi sur les grandes plateformes de réservation, afin d’être visibles du grand public », raconte Anne Gandais, présidente (bénévole) de la FUAJ.