Spécialiste indépendant de la protection juridique, le lyonnais CFDP est entré en négociations exclusives avec AG2R La Mondiale, qui pourrait prendre une part majoritaire (60%) dans la société d'ici quelques mois. Une opération qui doit lui permettre d'accélérer son déploiement en France et en Europe.Désaccord sur un abonnement, différend avec un voisin ou sa direction, erreur médicale, malfaçon : chaque année, près de 700.000 litiges de ce type sont comptabilisés en France, et donc susceptibles de déclencher l'usage de la protection juridique. Cette assurance permet aux particuliers ou aux professionnels concernés de bénéficier de conseils juridiques, d'un accompagnement vers le règlement à l'amiable du litige mais aussi de la prise en charge, partielle ou totale des frais de justice.
Un marché évalué à deux milliards d'euros dans l'Hexagone, qui connaît une croissance annuelle de 4 à 5% depuis la pandémie portée par « les tensions au sein de la société », et à une « inflation normative constante post-Covid », dessine Christophe Boiton, directeur général de l'assureur lyonnais CFDP.
Chez les professionnels, de nombreux litiges portent sur les impayés, les retards de paiement ou les conflits du travail et pour les particuliers, les différends liés à la consommation, au e-commerce ou encore à l’immobilier.
Dans ce contexte, CFDP, le spécialiste lyonnais de la protection juridique, qui couvre 5% du marché avec un million de clients et un chiffre d'affaires qui a doublé entre 2015 et 2025 (50 à 96 millions d'euros) cherche à conforter son positionnement. Ce, en s'appuyant sur le groupe français de protection sociale, AG2R La Mondiale.
Stabiliser le capital pour accélérer
Les deux assureurs ont récemment annoncé être entrés en négociations exclusives en vue d'un rapprochement stratégique via une prise de participation majoritaire d'AG2R, qui devrait atteindre les 60% à l'issue de la procédure. Les 40% restants seront détenus par les salariés et la direction de CFDP - tous quasiment actionnaires -, souligne Christophe Boiton. Cette opération est rendue possible par le départ des actionnaires majoritaires actuels (depuis 2016) de CFDP - IDI, Groupe Chevrillon et Fiblac (51% des parts actuellement).