Pour sa deuxième réunion de politique monétaire à la tête de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh devra arbitrer entre les attentes de Donald Trump, partisan de taux plus bas, et un retour des tensions inflationnistes qui pousse une partie des responsables de la banque centrale à envisager un nouveau durcissement de la politique monétaire.
La Réserve fédérale américaine (Fed) se réunira les 28 et 29 juillet dans un contexte économique plus incertain qu'au début de l'année. Si les marchés anticipent encore majoritairement un maintien des taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à envisager une hausse du coût du crédit face au retour des pressions inflationnistes.
La décision sera annoncée mercredi, avant une conférence de presse très attendue de Kevin Warsh, nommé par Donald Trump à la présidence de l'institution.
Une inflation qui résiste
La hausse des prix de l'énergie, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ravive les inquiétudes de la banque centrale. À cela s'ajoutent les effets des droits de douane imposés par l'administration Trump, qui renchérissent le coût des importations, ainsi qu'une économie américaine qui demeure dynamique, portée notamment par les investissements liés à l'intelligence artificielle et aux centres de données.
L'indice PCE, la mesure de l'inflation privilégiée par la Fed, progressait encore de 4,1 % sur un an en mai, soit plus du double de l'objectif de 2 % fixé par la banque centrale. Dans le même temps, le marché du travail reste solide avec un taux de chômage limité à 4,2 %, ce qui laisse peu d'arguments en faveur d'un assouplissement monétaire.
Un comité plus divisé
Cette réunion pourrait également mettre en lumière des divergences plus marquées entre les membres du comité de politique monétaire. Si la décision de juin avait été adoptée à l'unanimité, plusieurs économistes estiment que les responsables les plus soucieux de combattre l'inflation - les « faucons » dans le jargon des banques centrales - gagnent désormais en influence.
Kevin Warsh a répété que sa priorité restait le retour à la stabilité des prix, tout en se disant favorable à des débats ouverts au sein de la Fed. Les marchés observeront donc avec attention non seulement la décision sur les taux, mais aussi la répartition des votes, susceptible de révéler l'évolution de l'équilibre des forces au sein de l'institution.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
L'issue de cette réunion est également suivie de près par la Maison Blanche. Donald Trump, qui avait choisi Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell, espère une politique monétaire plus favorable à la croissance et à la baisse des coûts d'emprunt.
Un relèvement des taux constituerait toutefois un revers pour le président américain, alors que la lutte contre l'inflation demeure la priorité affichée de la Fed. Même en cas de statu quo, le ton adopté par Kevin Warsh lors de sa conférence de presse pourrait fournir des indications précieuses sur l'orientation de la politique monétaire dans les prochains mois et influencer immédiatement les marchés financiers.