Le relèvement des taux japonais intervient alors que l’écart avec les États-Unis fragilise le yen. Malgré une inflation encore contenue, la BoJ agit pour limiter l’impact des importations coûteuses et préparer une hausse des prix attendue dès l’an prochain.Les informations à retenir
Pourquoi la Banque du Japon relève-t-elle ses taux malgré une inflation faible ?
La BoJ a porté son taux directeur à 1% le 16 juin 2026, un plus haut depuis 30 ans.
L’inflation n’était que de 1,4% en avril, sous la cible de 2%.
La faiblesse du yen renchérit les importations, notamment l’énergie.
La BoJ anticipe une inflation à 2,8% en 2026 et 2,3% en 2027.
La politique japonaise est influencée par les hausses de taux attendues de la Fed.
C’est son plus haut niveau depuis plus de trois décennies. La Banque du Japon (BoJ) a relevé son taux directeur à 1 % ce mardi 16 juin, malgré une inflation qui a ralenti en avril.
« À première vue, cette position ferme de la BoJ est difficile à concilier avec une inflation n'atteignant guère que 1,4 % en avril grâce au plafonnement des prix des carburants », très en-deçà du niveau-cible de 2 %, observe Marcel Thieliant de Capital Economics.
Mais après avoir été hanté par la déflation, le Japon connaît depuis le printemps 2022 une hausse soutenue des prix à la consommation au-delà de 2 %. De quoi pousser la BoJ à resserrer progressivement depuis 2024 ses taux, longtemps restés nuls ou négatifs.
Et la spirale inflationniste s'est accentuée ces derniers mois. Les prix de l'énergie ont flambé face à la paralysie des acheminements d'hydrocarbures du Golfe, dont le Japon importait avant la guerre 90 % de son pétrole.
Une nette accélération de l'inflation d'ici l'année prochaine
Washington et Téhéran sont parvenus lundi à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui a fait plonger les cours du pétrole. Pour autant, la réouverture du détroit d'Ormuz et le redémarrage de la production d'hydrocarbures devraient prendre du temps.
« La répercussion de la hausse des prix du pétrole brut s'opère à un rythme relativement soutenu dans les transactions entre entreprises, ce qui pourrait entraîner une augmentation des prix pour un large éventail de produits », avertit la banque centrale.