"Toutes les mesures d’allongement des crédits, de défiscalisation et de subventionnement n’ont servi qu’à augmenter les prix", déplore l’entrepreneur Xavier Lépine.
Rémi Benoit
Face à une propriété devenue inaccessible pour les classes moyennes, une foncière, la SNDP vient de finaliser la création d’une foncière auprès de la Banque des territoires et Pro BTP. Elle propose d’acquérir des logements neufs en Île-de-France avant de les céder progressivement aux occupants, avec un partage des risques et de la valeur.
Les chiffres de l’Insee donnent le tournis : 7 millions de Français sont en train de rembourser un crédit immobilier, 10 millions ont fini mais 14 millions en sont encore exclus. Pis ! Ces vingt dernières années, les prix du logement ont doublé tandis que les revenus n’ont augmenté « que » de 30 %, le taux de propriétaires ayant stagné à 57 %.
« Cela signifie qu’une rente immobilière s’est créée par la simple augmentation de la valeur et au bénéfice quasi exclusif de ceux qui étaient déjà là. Toutes les mesures d’allongement des crédits, de défiscalisation et de subventionnement n’ont servi qu’à augmenter les prix. Les classes moyennes sont celles qui aujourd’hui n’ont plus les moyens d’acheter », décrypte Xavier Lépine, le président de la Société des nouveaux patrimoines (SNDP).
Cette dernière vient de finaliser, auprès de la Banque des territoires et du groupe Pro BTP, la création d’une foncière afin d’acquérir pour 20 millions d’euros de logements neufs en bloc en Île-de-France qui sont, dans un second temps, cédés à des primo-accédants pour une durée de 25 ans.
80 logements en petite couronne francilienne
La SNDP, qui apporte 2 % des fonds, commercialise déjà un programme de 36 logements réalisé par le promoteur Demathieu Bard à Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne). Avec ses associés qui contribuent, chacun, à hauteur de 49 %, elle va cibler 3 ou 4 programmes neufs en petite couronne francilienne pour acheter plus ou moins 80 logements.
L’idée : proposer une nouvelle voie entre le loyer et la propriété. Le ménage acquiert un droit de propriété d’une durée de 25 ans avec un coût mensuel comparable à un loyer, soit 30 % de moins qu’une acquisition classique.
Quatre options sont possibles. Le propriétaire, qui paie sa taxe foncière et ses charges de copropriété, peut vendre à tout moment. La foncière rachète alors au prix d’origine – 2 % par an, mais « comme il aura remboursé une partie du crédit, il aura épargné 30 à 40 % de son coût mensuel cumulé », reprend Xavier Lépine. En cas de plus-value, il en obtient 50 % sur la quote-part achetée à crédit.
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