Cette photographie montre une pièce d'or Marianne-Or exposée à la Monnaie de Paris le 21 mai 2026.
Photo par SIMON WOHLFAHRT / AFP
Le Marianne Or, nouvelle pièce de la Monnaie de Paris et disponible au grand public à partir de ce mardi, risque de faire de l'ombre aux vendeurs d'or historiques de la place.
Cela représente bien plus qu'un simple bout de métal jaune pour les spécialistes. Ce mardi, la Monnaie de Paris a ouvert son guichet aux particuliers français intéressés par une toute nouvelle pièce d'or : le Marianne.
Il s'agit tout simplement du premier bullion - un type de pièces reconnu à l'international dont le prix est calqué sur sa valeur en or – fabriqué par l'institution établie sur les bords de Seine depuis 1775. Jusqu'alors, en Europe, seules l'Austrian Mint de Vienne et la Royal Mint de Londres fabriquaient ce type de pièces d'or dites d'investissement. La Monnaie de Paris s'était plutôt spécialisée ces dernières décennies dans la fabrication de pièces et de billets courants et de pièces d'or de collection, valant bien plus que leur poids en or.
Face à ce manque de bullions français officiels, quelques sociétés de revente de monnaies comme AuCoffre.com, Godot et Fils ou encore Lingor ont décidé de combler le vide et de vendre leurs propres pièces d'investissement tricolores. Des initiatives privées frappées, toutefois, en dehors de France et sans droit d’inscrire valeur monétaire en euros dessus.
Un pivot stratégique face à la baisse de l’impression de billets
Après des années d'absence, la Monnaie de Paris a donc décidé d'entrer sur ce marché… pour sécuriser son avenir.Si l'entreprise a réalisé 197 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 (+ 1,7 % par rapport à 2024), «elle a un problème, c’est la baisse des besoins en billets dans le monde entier », confie Patrick Schein, fondateur de la société de courtage d'or Gold by Gold.
Or, cette activité en pente descendante représente 70 % de la production de l'institution. Si son PDG, Mark Schwartz, assure ne pas avoir de crainte pour l'avenir, il confirme voir en le Marianne Or «un troisième moteur de croissance».
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La fabrique à l'origine des Louis d'or et des Napoléons démarre tout juste sa production de bullions. Pour autant, le patron de l'institution ne cache pas son ambition. La Monnaie de Paris veut devenir «la référence française de l'or d'investissement», affirme Mark Schwartz sans toutefois donner d'objectif de ventes.