Donald Trump a indiqué qu'il voulait continuer à mettre sous pression l'économie iranienne et ses exportations de pétrole en bloquant ses infrastructures portuaires.
/FW1FP/Aurora Ellis - via REUTERS - Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved - Alex Brandon
Détroit d'Ormuz : Trump a demandé à ses collaborateurs de se préparer à un blocus prolongé de l'Iran
Le président américain veut contraindre Téhéran à une capitulation sur le dossier du nucléaire iranien, selon un article du Wall Street Journal ce mercredi. Le pétrole a pris 5 %, le marché misant désormais sur un blocage prolongé du détroit d'Ormuz.
Les tensions au Moyen-Orient ne semblent pas prêtes de prendre fin. Selon un article du Wall Street Journal (WSJ) publié ce mercredi 29 avril, Donald Trump a demandé à ses collaborateurs de se préparer à un blocus prolongé de l'Iran dans le but de contraindre Téhéran à une capitulation sur le dossier du nucléaire iranien.
Le président américain a, selon ces sources, indiqué, notamment lors d'une réunion de crise lundi, qu'il voulait continuer à mettre sous pression l'économie iranienne et ses exportations de pétrole en bloquant ses infrastructures portuaires.
Le locataire de la Maison Blanche « a estimé que ses autres options — reprendre les bombardements ou se retirer du conflit — comportaient plus de risques que le maintien du blocus », ont indiqué ces responsables au WSJ.
Il a par ailleurs évoqué la possibilité d'un blocus contre l'Iran se prolongeant « pendant plusieurs mois » pendant une réunion mardi avec des dirigeants du secteur pétrolier, a indiqué mercredi un haut responsable de la Maison Blanche.
Les participants à cette réunion, révélée d'abord par le site Axios, ont évoqué « les mesures prises par le président Trump pour soulager les marchés internationaux du pétrole et les mesures que nous pourrions prendre pour poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire et minimiser son impact sur les consommateurs américains ».
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Le blocus iranien « devrait lui aussi se poursuivre »
Mais « si les États-Unis maintiennent un blocus contre l'Iran, le blocus de l'Iran sur le détroit d'Ormuz devrait lui aussi se poursuivre », pour Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management. « Le marché est de plus en plus convaincu qu'il n'y aura ni une paix rapide et durable, ni une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz », ajoute l'analyste.
Les efforts visant à mettre fin durablement à la situation de crise au Moyen-Orient semblaient toujours au point mort ce mercredi. Les Etats-Unis affichent leur scepticisme sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit. Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - la proposition iranienne vise à rouvrir le détroit et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire. Mais ce sujet reste central pour les Etats-Unis et Israël.
Le pétrole en forte hausse ce mercredi
Les cours du pétrole sont en forte hausse ce mercredi. Vers 15 h 35, heure française, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenait 5,16 % à 117 dollars, son plus haut niveau depuis le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 4,85 % à 104,78 dollars.
« Le marché est de plus en plus convaincu qu'il n'y aura ni une paix rapide et durable, ni une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz »
Cette hausse des prix masque en partie le choc du départ des Émirats arabes unis de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Son impact sur le marché reste limité tant que la guerre au Moyen-Orient bloque les exportations des pays du Golfe, mais à plus long terme, ce sera un évènement majeur pour le secteur pétrolier.
Avec l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis sont « l'un des rares membres à disposer d'une capacité de réserve significative, le mécanisme par lequel (l'OPEP) exerce son influence sur le marché et réagit aux chocs », explique Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy. Les Émirats pourraient désormais augmenter leur production à un niveau proche de leur pleine capacité, ce qui ajouterait assez rapidement environ « 1 million de barils par jour (soit 1% de la demande mondiale de pétrole), pour atteindre un total avoisinant les 4,5 millions de barils par jour » de production, estime David Oxley, économiste chez Capital Economics.