Contrairement à ce que voudrait faire croire Donald Trump, le protectionnisme n'est pas indolore pour les consommateurs américains. L'Institut Kiel a analysé 25 millions de transactions commerciales, pour une valeur de 4 000 milliards de dollars, pour déterminer qui, in fine, s'acquittait des droits de douane des États-Unis sur les produits importés. À la veille de l'intervention du président à Davos, l'organisme de recherche allemand a publié ses résultats : les exportateurs étrangers ne supportent que 4 % de la facture douanière de Washington.
Alors que Donald Trump brandit la menace de nouvelles surtaxes contre l’Europe pour forcer la cession du Groenland, ces chiffres montrent que cette arme diplomatique est avant tout un « but contre son camp » qui ponctionne directement le pouvoir d’achat des ménages américains.
Pour Julian Hinz, directeur de recherche au Kiel Institute, les taxes douanières se transmettent presque entièrement aux prix d’importation. Sur chaque dollar perçu par la douane américaine en 2025, 96 cents ont été payés par les importateurs et consommateurs américains. Les exportateurs étrangers n’ont réduit leurs prix de vente que de 0,39 % pour chaque augmentation tarifaire de 10 points. En clair, le « reste à charge » pour le reste du monde est dérisoire : à peine 4 %.