ENTRETIEN - Le feu de forêt historique qui ravage la Gironde progresse vers le sud du département ce dimanche matin, offrant un mince répit à la presqu'île de Lège-Cap-Ferret, vidée de ses habitants. Les pompiers sont à la manœuvre pour se préparer à un retour du feu, comme l'explique à La Tribune Philippe de Gonneville, maire de Lège-Cap-Ferret et président de la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon Nord.LA TRIBUNE - Quelle est la situation ce dimanche matin sur le front du feu de forêt historique qui frappe la Gironde ?
PHILIPPE DE GONNEVILLE - Nous faisons face depuis plusieurs jours à un feu exceptionnel, avec une vitesse de progression inconnue jusque-là. Cette nuit, le feu a progressé vers le sud et, ce dimanche matin, les pompiers essaient de créer un verrou pour protéger les communes de Marcheprime, Audenge et Biganos, qui ont été évacuées dans la nuit de samedi à dimanche. Le feu est toujours évolutif et imprévisible, avec une problématique météorologique défavorable.
Nous avons 36 heures devant nous avec une météo plus clémente avant que les températures ne remontent et que les vents basculent vers le nord-est. La situation actuelle est du jamais-vu en France et elle intervient dans un département très forestier, mais aussi très densément peuplé, avec près de deux millions d'habitants.
Pour le secteur de la presqu'île, la situation est plus calme qu'il y a quelques jours. Que se passe-t-il sur le terrain ?
Nous en profitons pour réaliser des travaux forestiers de prévention. Nous élargissons le pare-feu 85, situé entre Lège et Claouey. L'objectif est de séparer le massif forestier de la presqu'île, et notamment du village de Claouey, afin de prévenir un retour du feu. Il s'agit de créer un espace de plusieurs dizaines de mètres de profondeur pour permettre aux pompiers et à leurs engins de se positionner et de créer un point d'arrêt.
Les pompiers et des entreprises locales sont mobilisés sur le terrain dans un cadre légal et réglementaire, sous la direction du centre de commandement. Il ne faut pas d'initiatives personnelles en dehors de ce cadre.
Toute la presqu'île est vidée de ses habitants. Quel est le bilan des dégâts ? Avez-vous pu mesurer les impacts économiques en pleine saison touristique ?