Il est rare que des acteurs économiques s’opposent à un assouplissement de la réglementation les concernant. C’est pourtant bien ce qui est en train de se passer pour l’installation de panneaux solaires à proximité des aéroports. L’association Prévention & vigilance – Risques d’éblouissement solaire sur le transport (Pv-Rest), qui réunit des professionnels des secteurs aérien et photovoltaïque, est ainsi vent debout contre la décision de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) d’alléger la réglementation en la matière. Elle dénonce un risque à venir d’éblouissement des pilotes et craint les retombées potentielles pour les deux filières.
Depuis 2010, les porteurs de projets ont l’obligation de mener des études de risques et d’impact avant de pouvoir installer des panneaux photovoltaïques dans l’emprise ou à proximité (2 kilomètres) d’un aérodrome. Cela comprenait notamment les risques d’éblouissement pour les pilotes, contrôleurs aériens et agents d’information au sol (Afis). Or, ce n’est plus le cas depuis octobre 2024, ce critère devenant optionnel (à l’exception des aérodromes militaires où il reste obligatoire). Une décision prise par simple décision administrative, via la mise à jour de la note d’information technique (NIT) de la Direction de la sécurité de l’aviation civile (DSAC, entité de la DGAC). Elle avait alors jugé le risque « négligeable », s’appuyant sur l’absence « d’événements de sécurité notables » depuis 20 ans en Europe.