« T’étais un clown mais t’étais pas un pantin
Maintenant on est tous orphelins […] »
En 1988, Renaud rendait hommage dans Putain de camion à son pote Coluche emporté deux ans plus tôt dans un accident de moto sur une route départementale vers le village d’Opio, dans le sud de la France.
Il avait 41 ans, s’apprêtait à retrouver la scène avec un nouveau spectacle et la France pleurait Michel Colucci, son amuseur public numéro un, ce clown des temps modernes au langage fleuri (« toujours grossier, jamais vulgaire ») qui jouait du violon avec des gants de boxe, dynamitait le conservatisme petit-bourgeois de la société post-soixante-huitarde et ridiculisait les politiques avec son humour décapant pour finalement faire le boulot à leur place avec les Restos du cœur. « Pour moi, c’est le GOAT, the greatest of all time », assure l’humoriste Mahaut Drama, 31 ans, réputée pour son humour engagé dans la cause féministe et queer.
Le sondage réalisé par l’Ifop pour La Tribune Dimanche le prouve : Coluche manque à 68 % des Français interrogés tandis que 62 % d’entre eux estiment que Coluche n’a tout simplement pas d’héritiers. Plus encore que ses copains de l’époque – Bedos trop encarté, Le Luron trop music-hall à paillettes, Desproges trop intello –, l’esprit de Coluche continue d’infuser et d’inspirer les comiques de toutes obédiences. Dans le documentaire de Michel Denisot Mon Coluche à moi, Jérémy Ferrari, Claudia Tagbo ou Jérôme Commandeur témoignaient de l’influence toujours vivace du trublion corrosif et emblématique des années 1970-1980.