Un portrait sensible de Coluche, une série sur une veuve qui tente de se reconstruire... Découvrez notre sélection de la semaine du 12 mai 2026.
Dès le titre, le ton est donné : Mon Coluche à moi, Michel Colucci par Michel Denisot. Le 28 mai , TMC diffusera en prime time ce documentaire qui figurera, avant cela, en sélection officielle à Cannes Classics, la section patrimoniale du Festival. Dans ce portrait sensible produit par Bangumi (Quotidien), Michel Denisot rend un vibrant hommage à l’humoriste dont il s’était rapproché peu de temps avant sa mort, le 19 juin 1986.
« À l’époque, j’animais l’émission Zénith sur Canal+, rembobine le journaliste. En septembre 1985, Coluche a été recruté par la chaîne pour présenter Coluche 1 faux, une émission qui détournait les images d’actualité à la manière d’un JT. Nos plateaux étaient voisins. Pendant ces quelques mois, on s’est beaucoup amusés, je garde de cette relation des souvenirs exceptionnels. »
Une complicité à l’antenne – avec à la clé des happenings savoureux comme lorsque Coluche et Thierry Le Luron, tout juste « mariés », débarquent sur son plateau – mais également en coulisses. « On avait beaucoup de points communs: la perte d’un père très jeune, des mères qui ont galéré et des études désastreuses: lui a raté le certificat d’études et moi, j’ai passé trois fois le bac sans jamais l’avoir. »
Le jour de sa disparition, Michel Denisot prend l’antenne aux côtés de Maryse et Philippe Gildas et ne peut retenir ses larmes. « C’est la seule fois de ma carrière où j’ai pleuré. J’avais appris la nouvelle seulement quelques heures avant, par une dépêche AFP d’une ligne. C’était si violent, mourir à moto à seulement 41 ans… Il y a eu une vague d’émotion dans le pays. Béatrice Dalle raconte dans le documentaire que le jour de ses obsèques, en arrivant à l’église, pour se frayer un chemin parmi les milliers de personnes, lorsqu’elle a dit “Nous sommes des proches”, des gens dans la foule lui ont répondu: “Mais nous sommes tous des proches!” »
Dans ce film d’une heure trente-cinq minutes, on savoure notamment des images d’archives du Festival de Cannes 1986, durant lequel le trublion passait quotidiennement une tête sur le plateau délocalisé de Michel Denisot. « C’était la première fois que Canal+ descendait sur la Croisette, c’était le tout début de la médiatisation du Festival. Ce n’était pas une grosse usine comme ce fut le cas après avec Nulle part ailleurs. Là, on tournait au Martinez avec trois chaises au bord de la piscine. » Un jour, sur un coup de tête, les deux compères décident de faire une interview… au fond du bassin. « La production nous a trouvé des scaphandres en moins de vingt-quatre heures. On était comme des enfants. »
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L’héritage d’un électron libre
Le documentaire est également émaillé de témoignages d’humoristes de la nouvelle génération – dont Jérôme Commandeur, Michaël Youn, Jérémy Ferrari ou Claudia Tagbo – à qui Michel Denisot pose inlassablement cette question : « C’est qui, pour vous, Coluche? » Sans occulter la tonalité de certains sketchs qui ne passeraient pas aujourd’hui. Comme lorsqu’il se mettait dans la peau d’un violeur et assénait : « Je ne l’ai pas violée. Violer, c’est quand on ne veut pas. Moi, je voulais… » « Ce n’est pas une hagiographie, résume Michel Denisot. À la fin de la projection en avant-première, son fils Romain Colucci est venu me voir, très ému, et m’a dit que c’était bien d’avoir montré toutes ses facettes, même celles qui sont critiquables. »
Enfin, avec ce film, on réalise à quel point l’humoriste aura fait trembler les politiques et bouger les lignes, avec notamment la création des Restos du cœur en 1985. « C’est en croisant Jean-Jacques Goldman dans les loges à la sortie de mon émission qu’il lui a demandé de composer l’hymne des Enfoirés, dévoile Michel Denisot. Comme le résume Harlem Désir [le fondateur de SOS Racisme], Coluche était probablement à cette époque la personne “la plus influente du pays, avec le président de la République”. »
ℹ️ Mon Coluche à moi, le 28 mai à 21 h 15 sur TMC.
À l’Ouest, du nouveau 4/5
Une rivière sauvage nichée au cœur du Montana. Tout autour, des hectares de prairie et, perdu au milieu de ce décor luxuriant, un ranch rudimentaire. C’est dans cet écrin hors du temps qu’une riche famille new-yorkaise débarque, bouleversée, après la mort du patriarche Preston (Kurt Russell) dans un accident d’avion. Un jardin secret où il s’adonnait à la pêche et dans lequel sa femme Stacy – citadine invétérée – n’avait jusqu’alors jamais posé les escarpins. Bienvenue dans la série The Madison (du nom de la rivière qui coule au milieu des plaines), à découvrir dès jeudi sur Canal+.
Michelle Pfeiffer y campe cette veuve qui tente de se reconstruire, à des années-lumière de son confort est-américain. Un chemin de guérison dans lequel elle embarque filles, petites-filles et gendre. Signé Taylor Sheridan, créateur de Yellowstone et Tulsa King, ce néowestern sur le thème de la résilience s’illustre par sa réalisation contemplative offrant de somptueuses images. Malgré des oppositions parfois simplistes entre mondes urbain et rural et quelques longueurs, on se laisse séduire par cette série portée par une Michelle Pfeiffer ébouriffante.
ℹ️ The Madison (6×52’), à partir du jeudi 14 mai à 21 heures sur Canal+.
M6, chausse les crampons
Seul diffuseur télé en clair de la Coupe du monde de football – qui débutera le 11 juin – M6 a dévoilé cette semaine son dispositif. Au menu : 54 des 104 matchs, dont tous ceux de l’équipe de France commentés par Xavier Domergue, Benoît Cheyrou et Samuel Umtiti. En bonus, un magazine quotidien présenté depuis Paris par Ophélie Meunier.
« En matière d’audiences, le sport demeure un grand moment de rassemblement », explique Guillaume Charles, directeur général des programmes, refusant de commenter le chiffre de 120 millions d’euros qui circule à propos des droits de retransmission. « On perdra de l’argent […], c’est clair », mais « c’est une vitrine absolument exceptionnelle », assume de son côté le PDG, David Larramendy.
La chaîne pourra toutefois compter sur une minute supplémentaire de pub par mi-temps, glissée au milieu des « pauses fraîcheur » instaurées par la Fifa aux 22e et 67e minutes. Sur les réseaux sociaux, elle misera sur le youtubeur Michou, posté juste derrière les buts. Ce lundi, ce sera au tour de RMC (propriété, comme La Tribune Dimanche, de CMA Média), radio officielle de la Coupe du monde, de présenter à la presse son dispositif, qui s’annonce lui aussi XXL.