LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment réagissez-vous à l’ouverture d’un second front au Liban et à l’expansion de la guerre ?
ALICE RUFO — Le Hezbollah a commis une trahison envers le Liban en l’entraînant dans la guerre. C’est un suicide. Israël a tort d’ouvrir un deuxième front dans la région. Je suis très préoccupée par une offensive terrestre majeure. Les bombardements sur Beyrouth sont inacceptables, tout comme le sont la destruction des villages et les déplacements de populations. Je dis aussi ma solidarité au contingent ghanéen de la Finul qui a été touché vendredi. Il n’est pas tolérable de s’en prendre aux opérations de maintien de la paix.
Le président Macron a évoqué un plan pour empêcher cette guerre. Israël ne l’écoute manifestement pas ?
Il est possible qu’au sein du pouvoir israélien il y ait une volonté de régler le sujet libanais à la faveur de la guerre en Iran. C’est une faute. Nous leur avons fait passer ce message par tous les canaux possibles et il faut qu’une pression plus forte soit exercée pour qu’ils entendent. En parallèle, nous allons accélérer un soutien robuste et exigeant aux forces armées libanaises, qui doivent reprendre le contrôle de tout le pays. Cela enlèvera tout prétexte d’une occupation du Liban-Sud par Israël. En exigeant le désarmement du Hezbollah, les autorités libanaises font d’ailleurs preuve d’un grand courage. Elles doivent continuer en ce sens et apporter la preuve que le Hezbollah ne menacera plus Israël.