Élection législative partielle : scrutin à haut risque en Haute-Savoie
La députée LR Christelle Petex-Levet a démissionné de tous ses mandats, ouvrant la voie à une élection partielle où l’extrême droite sera en position de force.
La députée LR Christelle Petex-Levet a démissionné de tous ses mandats.
LTD/Christelle PETEX-LEVET. Room of the Four Columns: XVth legislature of the Fifth French Republic. National Assembly Arthur Nicholas Orchard / Hans Lucas via Reuters
La XVIIe législature va connaître sa dixième élection partielle. Christelle Petex-Levet, députée Les Républicains de la 3e circonscription de Haute-Savoie, a annoncé jeudi qu’elle abandonnerait tous ses mandats. La discrète parlementaire est en arrêt maladie depuis des mois. Certains de ses collègues pointent du doigt les pressions exercées sur elle par des figures locales de LR comme Laurent Wauquiez, Bernard Accoyer et surtout Martial Saddier, patron du département. Il a eu Christelle Petex-Levet comme collaboratrice mais a préféré soutenir en 2024… son adversaire ciottiste, Antoine Valentin, allié à l’extrême droite.
Aux dernières législatives, le maire de Saint-Jeoire – qui codirige aussi Politicae, incubateur à élus financé par le milliardaire réac Pierre-Édouard Stérin – est arrivé en tête avec près de 40% des voix au premier tour. L’UDR ne changera donc pas cette tête d’affiche prometteuse. « C’est une circo plus perméable au dégagisme car plus agricole et bénéficiant moins que ses voisines du tourisme, décrypte un stratège des Républicains au fait des spécificités de ce territoire, historiquement ancré au centre droit. Si on n’a pas une candidature unique du socle commun, Valentin passera. » Surtout si Martial Saddier le soutient à nouveau. Peut-il décemment continuer à diriger la fédération LR de Haute-Savoie dans ces conditions ?
Un élu du coin abonde : « Il va y avoir une guerre interne à droite. Saddier va faire le maximum pour qu’il n’y ait pas de candidature sérieuse de son camp. » Pas sûr que Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, patron du parti, laissent faire. Le chef de file des députés Les Républicains estime, et on peut le comprendre, que le siège de Christelle Petex-Levet doit rester parmi les 50 de son groupe à l’Assemblée nationale. Dans une chambre aussi fracturée, chacun s'agrippe à ses troupes.
L’ex-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a toujours la haute main sur les tractations politiques de son fief, va-t-il propulser un fidèle ? Comment réagiront de leur côté Gabriel Attal et Édouard Philippe, leaders de Renaissance et Horizons, dont les rapports avec leurs homologues de LR sont si compliqués ? Deux poids lourds savoyards du « socle », Michel Barnier et Antoine Armand, vont essayer de mettre de l’huile dans les rouages. L’éphémère chef du gouvernement, initiateur de la si fragile alliance entre la droite et le bloc central, a déjeuné en tête-à-tête mercredi avec son ancien ministre des Finances, qui brigue la mairie d’Annecy en entendant bien rassembler au-delà de son étiquette Renaissance.
La législative partielle doit avoir lieu dans les trois prochains mois, donc en pleine campagne municipale. Beaucoup dépendra du taux de participation, toujours faible lors de ce genre de scrutin. Il y a un mois, celui qui s’est déroulé dans la 1ère circonscription du Tarn-et-Garonne a généré de vives tensions à LR lorsque la direction a appelé à ne pas voter pour la candidate socialiste – contribuant ainsi à la victoire du candidat UDR et donc, in fine, à un succès pour le Rassemblement national.
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D’ici l’élection en Haute-Savoie, il y en aura une autre où les lepénistes seront en position de force : celle où Stéphanie Rist, ministre macroniste de la Santé, va essayer de conserver son mandat de députée du Loiret. Un élément de plus qui devrait inciter le socle commun à la prudence.