Démission de Lecornu : « Quand on cache des choses, je ne peux pas m’engager », déplore Bruno Retailleau sur TF1

Bruno Retailleau, le 2 septembre 2025
Tim Heritage - REUTERS - Gonzalo Fuentes

Bruno Retailleau, le 2 septembre 2025
Tim Heritage - REUTERS - Gonzalo Fuentes
Après la démission surprise du Premier ministre Sébastien Lecornu ce matin, le patron de LR et ministre de l’Intérieur démissionnaire a pris la parole, dans une interview au JT de 13 heures de TF1. Et l'heure était à la clarification quant à cette question centrale : pourquoi, lors de la nomination du nouveau gouvernement hier soir, a-t-il pris ses distances avec celui-ci ?
Affirmant qu'il ne sentait « pas du tout » responsable de la démission de Sébastien Lecornu, Bruno Retailleau a justifié sa position en expliquant qu'il y avait eu « un problème confiance » avec le Premier ministre démissionnaire.
« Quand on cache des choses, je ne peux pas m’engager, il faut de la confiance », a-t-il asséné à ce sujet.
D'après lui, lors d'un entretien dimanche soir, Sébastien Lecornu lui a « caché la nomination de Bruno Le Maire » comme ministre des Armées. « Une personne estimable », mais dont le retour au gouvernement, après avoir mené la politique économique du pays durant sept ans, ne symbolise pas la « rupture » proposée par Sébastien Lecornu quelques jours auparavant.
« On promet une rupture et on se retrouve avec des chevaux de retour ! », s'est-il exclamé à ce sujet. Cette méthode est « une sorte de révélateur, une sorte de déconnexion vis-à-vis des Français ». Et d'ajouter : « Sans confiance, ni rupture, ce gouvernement avait toutes les conditions pour ne pas perdurer. »
Interrogé sur la présence LR au sein du gouvernement, Bruno Retailleau affirme qu'« on s'en fiche du nombre de ministre LR » dans un nouvel exécutif. Et le responsable politique d'insister que la lettre d'orientation de Sébastien Lecornu, envoyée ces derniers jours aux différents chefs de partis politiques était « trop timide ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Fort de cette crise politique, le président des LR restera-t-il dans un futur gouvernement ? « Je ne m’accroche pas un poste, je veux servir mon pays, mais dans n’importe quelle condition », a-t-il répondu à son intervieweuse.
Quant à ses recommandations sur les prochains choix du président de la République Emmanuel Macron - dissolution de l'Assemblée nationale, nomination d'un nouveau Premier ministre, destitution - le chef de la droite a botté en touche. « Il y a une crise oui, mais c’est au président de la République de décider », a-t-il affirmé.
Avant de quand même partager son analyse de la situation : « 70 % des gens veulent moins d’immigration, moins d’assistanat, nous devons construire un pays avec un même objectif. Il y a d’autres moyens que le retour aux urnes. » Et d'appeler le président de la République à « prendre la parole rapidement ».
Enfin, le patron des LR a ajouté qu'il était « hors de question » pour son parti de « cautionner un Premier ministre de gauche ». D'après lui, les différentes politiques de gauche menées ces dernières années « ont appauvri les Français », évoquant notamment « les 35h ».
À lire également
Et de rappeler sa ligne politique directrice en tant que représentant des Républicains :« Il faut redresser le pays, il faut que l’école instruise, ne déconstruise pas, que le travail paye, qu’il y ait de l’ordre public. »