Édouard Philippe et David Lisnard débattent à fleurets mouchetés

Édouard Philippe participe au débat « Défis 2027 » organisé par Florence Portelli, à Taverny, le 6 juin 2026.
LTD/MAGALI COHEN/HANS LUCAS/HANS LUCAS VIA AFP

Édouard Philippe participe au débat « Défis 2027 » organisé par Florence Portelli, à Taverny, le 6 juin 2026.
LTD/MAGALI COHEN/HANS LUCAS/HANS LUCAS VIA AFP
L'Irlande fait basculer le PIB de la zone euro dans le rouge
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Aux États-Unis, l’épargne s'effondre à des niveaux historiques
Stéphane Sitbon-Gomez (France Télévisions) : « Flavie Flament va co-animer le Magazine de la santé la saison prochaine sur France 2 »
Le business des Miles, moteur insoupçonné de la rentabilité d’Air France-KLM
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »
Ces dernières semaines, Florence Portelli a dépensé beaucoup d’énergie. Inquiète de la prolifération de candidats au sein de la droite et du centre en vue de la présidentielle, la maire LR de Taverny a essayé de les réunir pour débattre et mettre un peu de liant au sein de son camp. Au final, ils ne sont que deux prétendants à avoir répondu présents à son invitation : Édouard Philippe et David Lisnard. Bruno Retailleau (le patron de son parti), Gabriel Attal et Xavier Bertrand l’ont, eux, déclinée.
Samedi 6 juin, le patron d’Horizons et celui de Nouvelle Énergie se sont donc retrouvés dans un gymnase de la ville dirigée par Florence Portelli. Cinq-cent personnes sont venues les écouter. Dans la salle, on remarque d’entrée de jeu une plus forte affluence de militants du parti de David Lisnard que de celui d’Édouard Philippe.
La première vice-présidente de la Région Ile-de-France est fatiguée d’entendre la droite parler toujours des mêmes sujets, et notamment de l’immigration. Elle entraîne donc les deux prétendants à l’Élysée sur d’autres terrains. Elle les interroge d’abord sur les ratés du système judiciaire qui ont abouti au meurtre de la jeune Lyhanna dans le Gers, qui scandalise les Français.
« C’est l’expression d’une chaîne régalienne déliquescente qui nécessite un redressement du pays », commente David Lisnard, qui n’avait jusqu’alors pas réagi à ce drame. « Dans une démocratie, quand la justice n’est plus aimée, plus comprise, le tissu social est totalement corrodé », met en garde Édouard Philippe. L’un et l’autre s’accordent plutôt sur les solutions à mettre en place.
Indépendance française, nucléaire, féminicides… Les thèmes s’enchainent durant une petite heure. Régulièrement, David Lisnard vient chercher Édouard Philippe. « En 2017, on nous vendait la start-up nation, moi je n’y suis pas allé », lance-t-il à l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Quand le maire de Cannes fait allusion à la fermeture de Fessenheim, concrétisée quand le patron d’Horizons était à Matignon, ce dernier rappelle le contexte. Après l’accident de Fukushima, le discours avait complètement changé. « Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy expliquaient qu’il fallait faire moins de nucléaire, que c’était dangereux, argue Edouard Philippe. Quand j’étais Premier ministre, la majorité de l’époque n’était pas très pro nucléaire.»
Alors que le Havrais plaide pour que l’État fonctionne mieux, David Lisnard l’interrompt : « Bienvenue à Nouvelle énergie ! Vive létat libéré de l’étatisme ! ». « Nouvelle énergie n’a pas inventé le libéralisme ! C’est un combat qui existe depuis longtemps. Mais il faut aussi veiller à transformer ce combat en réalité », réplique Édouard Philippe. Le gaulliste préfèrera toujours prendre en compte la complexité d’une situation plutôt qu’avoir recours aux réponses trop simples.
Affaire Lyhanna : chronique d’un fiasco judiciaire
Laurence Rossignol, sénatrice PS : « Il faut gérer l'affaire Lyhanna comme on gérerait un accident nucléaire »
OPINION. « La gauche peut gagner en 2027 », par Matthieu Pigasse, banquier d’affaires
Aurore Bergé, ministre chargée de la Lutte contre les discriminations : « Le texte sur le racisme et l'antisémitisme enverra un signal de concorde »