La présidente de l’Assemblée nationale a de l’urgence dans la voix. « Je demande l’inscription du texte dans la session extraordinaire de septembre. C’est le dernier créneau. » Les 79 articles présentés en 2025 par cent députés de tous bords menés par la socialiste Céline Thiébault-Martinez sont « une réponse systémique, une approche globale, à 360 degrés », explique Yaël Braun-Pivet. Elle souligne : « Dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ce serait révolutionnaire. » Elle a saisi le conseil d’État pour que ses membres rendent un avis, attendu mi-juillet, sur la faisabilité de la loi.
En attendant, la présidente approuve la mobilisation des associations et des citoyens, « pour qu’ait lieu la prise de conscience, notamment chez les élus ». « J’entends des hommes politiques parler d’imprescriptibilité, de castration chimique, d’aggravation des sanctions. Ils se trompent, ce n’est pas la solution. » Dans un même élan, la présidente de l’Unicef France, Adeline Hazan, a appelé à « un électrochoc » : « L’enjeu n’est pas seulement de mieux sanctionner, mais d’abord de mieux prévenir, mieux repérer et mieux protéger. »
Avocate pénaliste de profession, Yaël Braun-Pivet met en avant la nécessité de former les policiers, de poursuivre l’embauche de nouveaux magistrats, de croiser les fichiers de la police et de la justice, de systématiser l’éducation à la sexualité et, surtout, d’accorder du budget à la lutte, citant en exemple les lois espagnoles votées dès 2004 et les 2,5 milliards d’euros investis par le gouvernement de Mariano Rajoy en 2017 qui ont entraîné la baisse du nombre de féminicides et de plaintes pour violences sexuelles.