ENTRETIEN – Un animateur de l’école Alphonse-Baudin à Paris sera jugé mardi 26 mai pour des agressions sexuelles sur neuf mineurs. L’une des avocates expose les enjeux de ce procès.C’est de cette petite école maternelle publique du 11e arrondissement qu’est partie la mobilisation des parents d’élèves qui a gagné l’ensemble du pays. Les violences sexuelles dénoncées par neuf enfants inscrits à « Baudin » auraient été commises par un animateur vacataire de la Ville de Paris signalé au procureur de la République en avril 2025 alors que, dès septembre 2024, un enfant l’avait accusé d’attouchements, sans qu’il soit inquiété.
À Paris, deux autres procès d’animateurs du périscolaire doivent se tenir cet été, tandis qu’un autre, en septembre, concernera un homme qui s’était introduit dans une école. Par ailleurs, trois informations judiciaires sont en cours tandis que près de 150 enquêtes ont été ouvertes, a annoncé le parquet de Paris.
Combien d’enfants défendez-vous ?
Avec mon associée Rebecca Royer, nous défendons six des neuf familles concernées depuis avril 2025, date du signalement fait par le directeur de l’école maternelle Baudin à la cellule de recueil des informations préoccupantes [Crip]. Ce signalement transmis au procureur de la République a permis d’ouvrir une enquête et de suspendre l’animateur David G., qui a été renvoyé devant le tribunal correctionnel.
Quels sont les faits reprochés ?
Des agressions sexuelles sur des mineurs entre 3 et 5 ans. Certains ont dénoncé des faits qui pourraient être qualifiés de viol, mais ça n’a pas été retenu par le parquet. C’est la raison pour laquelle le procès se tient devant un tribunal correctionnel et non aux assises. Cette qualification a permis que la procédure ne dure que quelques mois. Une instruction, dans le cas d’un viol, aurait duré plusieurs années. Or la rapidité de la justice est un facteur important pour la reconstruction des victimes et de leurs parents.