Cela s’est terminé dans un capharnaüm sans nom. Dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 décembre, tout s’est envenimé entre le gouvernement et son camp à l’Assemblée nationale. Il est minuit passé. L’examen en deuxième lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) touche désormais à sa fin. Au cours de la soirée, le renoncement à l’année blanche et la suspension de la réforme Borne sur les retraites ont été entérinés, comme l’avaient exigé les socialistes dans le cadre de leurs négociations avec Sébastien Lecornu.
Et puis la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, annonce à la surprise générale que le gouvernement va déposer un amendement pour réévaluer à la hausse l’Ondam, l’objectif de dépenses d’assurance maladie. Elle réclame une suspension de séance afin de finaliser sa rédaction. Immédiatement, cette initiative fait voir rouge à Gabriel Attal. Le chef des députés Renaissance n’a pas été prévenu. C’est une nouvelle dépense massive (autour de 600 millions d’euros).
Elle est faite, lui explique-ton, afin de tenter d’obtenir l’abstention des députés Écologistes plutôt que leur opposition lors du vote final sur le texte mardi 9 décembre. Du côté du MoDem également, on fulmine. Cette fois, c’est non ! Il faut maintenant que le Premier ministre arrête les concessions à gauche sans la moindre garantie . Les présidents des groupes du socle commun se coordonnent et font savoir qu’ils s’opposeront à un tel amendement, qui ne sera de ce fait pas déposé.