À deux jours du retour du budget de la Sécurité sociale dans l’hémicycle, le gouvernement multiplie les appels au compromis tandis que le Parti socialiste et plusieurs composantes du bloc central mettent en garde contre leurs lignes rouges. Le vote prévu le 9 décembre sera déterminant pour l’issue des discussions budgétaires.Le gouvernement joue une partie serrée avant l’examen, mardi, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Sébastien Lecornu doit recevoir lundi midi les représentants du Parti socialiste dans le cadre des concertations engagées par Matignon, dans l’espoir d’éviter une impasse. Le temps est compté : le vote final est attendu le 9 décembre.
Le texte, renvoyé samedi en commission après son passage au Sénat, porte encore les traces d’un compromis fragile. La Haute Assemblée, dominée par la droite et le centre, est revenue sur plusieurs concessions faites par le ministre du Travail aux socialistes, notamment la suspension de la réforme des retraites. Lors de son examen express, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée a repoussé le projet. Les socialistes se sont abstenus, les députés Les Républicains ont voté contre, et les élus Horizons laissent planer le doute entre un vote négatif et une abstention.
« Si le projet de loi n’est pas adopté le 9 décembre, on pourra tous constater l’échec des discussions parlementaires », a mis en garde dimanche la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur LCI. Elle défend un « budget de compromis » destiné à tenir jusqu’aux élections présidentielles.
Le PS en position d'arbitre, mais critique face à une majorité qu’il juge dispersée
Le Parti socialiste entend peser dans les négociations. Dans Le Parisien, Boris Vallaud, président du groupe, s’est étonné de « la grande dispersion » des positions au sein du bloc central, « notamment LR et Horizons ». Et de prévenir : « Le gouvernement ne peut pas attendre des socialistes ce qu’il n’obtient pas de sa majorité ». Un avertissement que Maud Bregeon a immédiatement contredit. Selon elle, sans vote positif du PS, « ce PLFSS ne passera pas ». La porte-parole reproche aux socialistes une possible « incohérence » : « Je ne saurai pas expliquer aux Français qu’ils ne votent pas un texte qui suspend la réforme des retraites. »