Vincent Isore/IP3 ; Gravelines, France January 15, 2024 - French Economy Minister visits Gravelines nuclear power plant in northern France - View of machine room in nuclear power plant ECONOMIE, CENTRALE NUCLEAIRE, ELECTRICITE, EDF, PRODUCTION D...
IP3 PRESS/MAXPPP - Vincent Isore/IP3 - Vincent Isore
L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a émis de sérieuses réserves sur les solutions techniques proposées par EDF pour stabiliser le sol du futur site des réacteurs EPR2 à Gravelines.
À peine trois ans après l’annonce d’Emmanuel Macron promettant deux nouveaux réacteurs EPR2 dans le Nord, le projet connaît un premier accroc. Sollicitée par EDF pour évaluer ses propositions de consolidation du terrain, l’ASNR a rendu un avis critique sur la méthode envisagée. Les experts estiment que « l’approche retenue par EDF n’est pas suffisamment robuste » et jugent les solutions « pas satisfaisantes ».
Le sol meuble et instable de la zone, proche du littoral, constitue un défi majeur pour accueillir les infrastructures massives que représente un réacteur nucléaire. EDF avait pourtant anticipé cette difficulté en étudiant plusieurs techniques inspirées de projets internationaux (réservoirs méthaniers au Koweït, pont Rion-Antirion en Grèce) mais l’ASNR considère que ces exemples ne sont « pas pertinents » pour un site aussi sensible.
L’agence recommande à EDF de mener des investigations géotechniques complémentaires pendant et après les travaux de renforcement, afin de garantir la résistance du sol, notamment en cas de séisme. Elle appelle également l’énergéticien à examiner d’autres options de stabilisation plus adaptées aux exigences de sûreté nucléaire.
Dans un courrier adressé à l’entreprise, l’ASNR demande à EDF de mettre à jour son dossier en justifiant de manière détaillée la solution retenue. Si le groupe maintient son projet initial, il devra démontrer sa fiabilité « avec une grande rigueur », le retour d’expérience sur cette méthode étant « très limité ».
Cet avis ne remet pas en cause la construction des six futurs EPR2, dont deux à Gravelines, mais il souligne la complexité technique du programme évalué à 51 milliards d’euros. Les premiers travaux sont toujours prévus pour 2026, avec un pic d’activité attendu en 2033. Ils vont mobiliser près de 8 000 salariés.
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