Dans un rapport publié le 24 novembre, la Cour des comptes dresse un bilan largement positif du Grand port maritime de Dunkerque. Si ses résultats économiques progressent nettement, l’institution souligne plusieurs défis à anticiper pour sécuriser sa croissance.
Le port de Dunkerque continue de s’imposer comme un acteur majeur de la façade Nord. Avec près de 46 millions de tonnes de marchandises traitées en 2024, il consolide sa troisième place au classement national. La Cour des comptes, qui vient d’examiner sa gouvernance, son modèle économique et sa situation financière, met en avant une dynamique solide portée par la diversification des activités : essor du GNL, progression du trafic conteneurisé, développement du roulier transmanche ou encore implantation de nouvelles industries, dont plusieurs gigafactories.
Entre 2017 et 2024, le chiffre d’affaires du GPMD a bondi de 46 % pour atteindre 114 millions d’euros. Une hausse qui s’explique autant par la montée en puissance des énergies (notamment le GNL) que par l’augmentation des revenus domaniaux liée à l’arrivée de nouveaux industriels sur ses 7 000 hectares de foncier. Après plusieurs exercices négatifs, largement dus à des effets comptables, la situation financière s’est stabilisée.
Le rapport rappelle aussi les atouts géographiques du site : proximité immédiate avec l’Angleterre et la métropole lilloise, double zone portuaire, bonne desserte ferroviaire et fluviale. Le port accueille aujourd’hui 250 entreprises et près de 18 000 salariés.
Si le tableau est globalement positif, la Cour pointe plusieurs fragilités. Face au report des trafics illicites vers les ports de taille moyenne, l’État doit clarifier le financement de l’accueil des services douaniers. La cybersécurité constitue également un enjeu croissant. Sur le plan interne, la prévention des conflits d’intérêts doit être renforcée.
Autre défi majeur : améliorer l’hinterland et les liaisons multimodales, alors que l’ouverture du Canal Seine-Nord Europe modifiera profondément les équilibres logistiques. Le financement de la régénération de l’écluse des Fontinettes (240 millions d’euros nécessaires pour connecter Dunkerque au futur canal) reste à préciser.
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Le projet stratégique 2025-2029 prévoit notamment un second terminal à conteneurs, pour un investissement total d’environ 300 millions d’euros. Un programme ambitieux que la Cour appelle à suivre de près, compte tenu du recours massif à l’emprunt.