ArcelorMittal abandonne son projet de fours à chaux “zéro émission” à Dunkerque, jugé non viable pour l’instant. Le groupe maintient toutefois son plan de décarbonation avec un futur four électrique.Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé son désengagement d’un projet de fours à chaux à “zéro émission nette” de CO2 prévu à proximité de son site de Dunkerque. Lancé en 2022 avec deux partenaires industriels, ce programme devait permettre la construction de trois fours utilisant la chaleur fatale issue de l’usine dunkerquoise et des biocarburants en substitution au gaz naturel. Estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, le projet devait entrer en service à partir de 2026.
Selon le groupe, les solutions de capture du carbone nécessaires pour atteindre l’objectif “zéro émission nette” ne sont pas encore assez matures pour une mise en œuvre industrielle. Par ailleurs, les contraintes budgétaires et calendaires auraient rendu le projet “non viable économiquement et socialement”. « Dans ce contexte, ArcelorMittal a décidé de se retirer du projet », indique l’entreprise dans un communiqué.
ArcelorMittal précise toutefois que cette décision ne remet pas en cause son plan de décarbonation à Dunkerque, centré sur la conversion progressive du site grâce à l’installation d’un premier four électrique, pour un investissement de 1,2 milliard d’euros. Ce projet majeur, annoncé en 2022, demeure en attente d’arbitrage : le groupe attend de Bruxelles des mesures plus protectrices pour l’acier européen avant de confirmer son lancement. “Le retrait du projet de fours à chaux ne change rien à notre ambition de décarboner le site de Dunkerque”, souligne la direction, tout en reconnaissant “un contexte économique incertain pour l’industrie sidérurgique européenne”. Cette annonce intervient cinq mois après la suppression de plus de 600 postes en France, dont près de la moitié à Dunkerque. La raison ? Une conjoncture défavorable pour l’acier européen.