À Roubaix, l’initiative Tissel poursuit son ancrage dans l’économie circulaire. Après une première friche transformée en pôle de réemploi, un deuxième site prend forme et accueille de nouveaux acteurs engagés dans la valorisation des matériaux.
À Roubaix, l’économie circulaire s’installe durablement dans le paysage urbain. Sur un territoire longtemps marqué par les friches industrielles, l’initiative Tissel poursuit sa progression et structure désormais un véritable écosystème local. Après un premier site ouvert à la Fosse-aux-Chênes, un deuxième lieu a pris forme dans le quartier du Sartel-Carihem, avec la même ambition : transformer des espaces inutilisés en pôles d’activités dédiés au réemploi.
À l’origine, Tissel 1 occupe une ancienne usine textile, héritage du Roubaix manufacturier. Le site, jadis reconverti par La Poste puis par une marque de vêtements pour sa logistique, accueille aujourd’hui un collectif d’entreprises engagées dans la seconde vie des matériaux. Sur plusieurs milliers de mètres carrés, ces acteurs, présentés comme des « habitants », développent des solutions de production vertueuses : accessoires fabriqués à partir de pneus réemployés, réparation et remise en circulation de vélos, valorisation de matériaux de chantier… L’endroit est devenu un démonstrateur du savoir-faire roubaisien en matière d’économie circulaire, un sujet sur lequel la ville a été désignée territoire pilote par la Commission européenne en 2022.
Fort de ce premier succès, Tissel 2 s’est installé dans une autre friche, cette fois dans le secteur du Sartel-Carihem. Quatre « habitants » y sont déjà implantés, avec un positionnement centré sur la revalorisation des ressources dans le bâtiment. Le site, plus vaste, peut encore accueillir de nouveaux porteurs de projets. L’objectif est clair : multiplier les activités capables de réduire les déchets professionnels, tout en créant de l’emploi local dans des filières émergentes.
Le développement de Tissel s’appuie également sur de nouveaux entrepreneurs du territoire. Parmi eux, Rewood, récemment installée sur le deuxième site. L’entreprise récupère du bois provenant de chantiers, de démontages ou d’industries, puis le trie, le prépare et le revend à des professionnels. Cette démarche permet de prolonger la vie de matériaux qui, autrement, seraient éliminés. Certains lots, récupérés notamment sur des sites industriels désaffectés, ont déjà été transformés en mobilier par des designers de la région.
L’expansion de Tissel ne semble pas devoir s’arrêter là. Une troisième implantation est à l’étude dans un ancien bâtiment associatif, preuve que la ville entend capitaliser sur cette dynamique. À Roubaix, les friches continuent ainsi de se réinventer au service d’un modèle économique plus résilient, fondé sur la réduction des déchets, l’innovation et la revitalisation des quartiers.
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