Omar Harfouch et son Concerto pour la Paix : une œuvre mondiale qui traverse les lignes de front

OMAR HARFOUCH
SCRIBEO
PROPOSÉ PAR
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OMAR HARFOUCH
SCRIBEO
J’ai toujours voulu être pianiste et compositeur. C’est de cette manière que je me définis en priorité, car la musique est au cœur de mon parcours depuis mon plus jeune âge.
J’ai commencé le piano très jeune au Liban. J’ai ensuite remporté un concours national qui m’a ouvert les portes d’études musicales à Moscou, à l’époque soviétique. À ce moment-là, je n’imaginais pas mon avenir autrement que sur scène. C’est la vie qui, par accident, m’a poussé vers le monde des affaires. Je me suis lancé dans les médias en Ukraine, où j’ai créé la première radio FM privée, puis la première chaîne de télévision indépendante du pays. Ce parcours entrepreneurial n’était pas planifié, contrairement à ma relation avec la musique.
C’est une réalité douloureuse. Ayant grandi au Liban, j’ai connu de près les ravages de la guerre. Tout au long de mes activités en Ukraine, j’ai répété aux dirigeants politiques, présidents comme ministres, que la guerre n’amène que de la destruction et qu’une fois lancée, il est impossible de revenir en arrière. Malheureusement, malgré les opportunités de signer des accords de paix, les choix faits ont mené à la situation dramatique actuelle. L’Ukraine que nous connaissions a été profondément transformée, des milliers de jeunes y perdent la vie et une part immense de la population a dû fuir à l’étranger.
Absolument. Lors de notre rencontre, le Pape François m’a encouragé à œuvrer pour la paix par tous les moyens à ma disposition. Mon moyen d’action, c’est la composition. Je m’inscris dans une lignée d’artistes pour qui la musique dépasse le simple divertissement.
On peut penser au violoncelliste Mstislav Rostropovitch jouant au pied du Mur de Berlin juste avant sa chute, ou au compositeur polonais Ignacy Paderewski, devenu Premier ministre lors des accords de Versailles. Je pense aussi au compositeur français Olivier Messiaen qui, prisonnier dans un camp allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, a trouvé un vieux piano et formé un quatuor avec d’autres détenus. Il a confié plus tard que jamais la musique ne lui avait semblé aussi essentielle que ce jour-là. La musique possède cette force symbolique capable de faire évoluer les mentalités.
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Mon engagement consiste à amener le Concerto pour la Paix directement là où se prennent les décisions politiques et géopolitiques. Je l’ai interprété à la Commission européenne, au Sénat français, au Parlement italien, ou encore à Mar-a-Lago en Floride, un lieu fréquenté par de nombreux chefs d’État. Mon objectif est que les décideurs entendent ce message et prennent un temps de réflexion en faveur de la paix au milieu des périodes de crise.
Après avoir achevé une première série de représentations, je prépare une nouvelle tournée mondiale qui débutera en septembre prochain. Elle passera par des institutions symboliques fortes, notamment à Washington où des premiers échanges ont déjà eu lieu avec des responsables de la Maison-Blanche. Si l’occasion se présentait, j’irais sans hésiter jouer à Téhéran, car l’essence de ce projet est d’aller là où le dialogue est le plus nécessaire.
Le business est indispensable au quotidien, c’est mon gagne-pain, mais ma priorité absolue reste la création musicale et la scène. Sur le plan entrepreneurial, je gère toujours avec mon frère notre groupe de médias en Ukraine, bien que les diffusions privées y soient actuellement suspendues en raison du contexte de guerre. Au Liban, je co-dirige un quotidien national papier important avec mon partenaire Michel Murr, et nous y développons actuellement le lancement d’une nouvelle station de radio en langue française.
C’est une activité qui continue de m’occuper. Dès les années 2000, j’avais publié un livre de référence aux éditions du Cherche-Midi, Le Mannequinat de A à Z, qui proposait des réformes pour mieux encadrer la profession et protéger les jeunes femmes. Aujourd’hui, cet ouvrage reste utilisé par de grandes agences et maisons de couture. Je poursuis une activité de conseil auprès de ces maisons pour anticiper les tendances et définir les critères esthétiques des collections à venir, souvent six mois avant leur présentation en boutique.
On me propose régulièrement des opportunités de reprise ou de participation dans des titres de presse française, à l’image d’Entrevue qui fait partie de notre groupe. Cependant, j’ai une ligne de conduite très claire : je refuse d’investir dans des médias marqués par des lignes éditoriales d’extrême gauche ou d’extrême droite. En période de forte polarisation politique, comme celle que traverse la France, les lecteurs ont besoin de supports neutres et équilibrés pour s’informer. Si un projet garantit une stricte indépendance et neutralité de sa rédaction, je l’étudierai avec intérêt.
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