« Le macronisme est l’échec le plus fulgurant depuis l’après-guerre » : le bilan coup de gueule de François Hommeril, patron du syndicat des cadres (CFE-CGC)
François Hommeril passera le relais à Christelle Thieffinne à la tête ce la CFE CGC ce mercredi 10 juin. Il est titulaire d’un doctorat en science physique et a fait une grande partie de sa carrière dans le groupe Pechiney.
REUTERS - Benoit Tessier
François Hommeril dresse un bilan sans concession des dix ans de Macronisme, qualifié de « catastrophe » sociale et économique. Avant de passer le relais ce mercredi à Strasbourg au 39ème congrès de la CFE-CGC, le responsable revient aussi sur la percée de son syndicat, devenu quatrième force en France, et alerte sur la montée de l’extrême droite.
LA TRIBUNE. Quel bilan tirez-vous à la tête de dix ans de la CFE-CGC ?
FRANÇOIS HOMMERIL. L’organisation s’est développée ces dix dernières années avec l’augmentation du nombre d’adhérents et de voix aux élections professionnelles. Le syndicat est vu comme une organisation en développement et de conquête. Sur ce plan, j’en tire un bilan positif mais je ne m’en attribue pas le mérite en tant que tel. J’ai constaté cette aspiration au moment où j’ai pris la tête du syndicat.
Je me suis beaucoup investi pour une unité d’organisation, ses priorités d’engagement et une clarification des messages. J’ai contribué à donner de la visibilité à l’organisation et j’ai tenté de l’incarner dans les discours. En interne, j’ai tiré vers l’unité alors que les syndicats sont très chahutés. Le reste est affaire d’implication et de collectif.
On ne peut plus faire de syndicalisme comme dans les années 1970 ou 1980. Il y a un changement dans la société.”
Le syndicat des cadres a gagné des pions dans des bastions autrefois occupés par la CGT et se place désormais en quatrième force juste derrière FO. Comment expliquez-vous cette percée ?
Au congrès de Tours en 1999, j’ai assisté au discours de Jean-Luc Cazettes [le président de la CFE-CGC de l’époque]. On constate que l’on ne peut plus faire de syndicalisme comme dans les années 1970 ou 1980. Il y a un changement dans la société. La financiarisation s’est imposée comme le modèle de gestion des grandes entreprises et, par extension, des gouvernements.
Il faut s’adapter et professionnaliser notre syndicalisme. Le discours est très mobilisateur. C’est le début de la remobilisation du syndicat sur le terrain. Au moment où je prends la tête du syndicat, l’organisation a beaucoup changé. Les positions de la CFE-CGC sont la mise en œuvre progressive de moyens de formation d’encadrement de l’activité syndicale dans nos sections. Notre discours, totalement indépendant des partis, va finir par s’imposer dans une société complexe. Cela donne de la confiance aux gens.
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