Cet été, le Biarritz olympique (BO) est passé tout près d’un nouveau déclassement. Ce n’est qu’en appel, après avoir été d’abord rétrogradé en Nationale (le troisième échelon), qu’il a obtenu son maintien en Pro D2 par la Ligue (LNR). Il manquait 750 000 euros dans les comptes, mais grâce à un apport de dernière minute, le BO n’a été sanctionné que de trois points à l’orée de la saison. L’issue a évidemment soulagé les supporters, qui assistent à la très lente remontée au classement des joueurs de Boris Bouhraoua, 14es après leur défaite à domicile contre Aurillac (13-19), vendredi lors de la sixième journée.
Ces socios sont si attachés à l’institution qu’ils ont réuni 10 000 euros en juin pour participer à son sauvetage. Il fut un temps où ils collectaient plutôt les trophées. Biarritz a été trois fois champion de France de l’ère professionnelle (2002, 2005 et 2006) ; seuls le Stade toulousain et le Stade français ont fait mieux. Le club basque a par ailleurs été vice-champion d’Europe en 2006 et 2010, vainqueur du Challenge européen en 2012. Exceptionnel pour une ville de 25 000 habitants.
C’était le bon temps, celui où deux Serge, liés par une amitié profonde, opéraient en virtuose : Blanco à la baguette pour le sportif, Kampf en soliste des finances. Mécène milliardaire, le fondateur du géant des services numériques Capgemini injectait, chaque année, de 8 à 9 millions d’euros sur les 15 du budget, l’un des cinq plus gros de l’élite. Les rouge et blanc regorgeaient d’internationaux, tels Dimitri Yachvili ou Imanol Harinordoquy, et faisaient la fierté d’une région amoureuse de son identité et des joutes ovales.