Longtemps abritée sous la grande bannière SNCF, SNCF Réseau (désormais filiale) ne peut plus se cacher. À l’heure de l’ouverture à la concurrence, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire française doit désormais aller directement à la rencontre des usagers pour mieux faire passer les perturbations engendrées par les travaux – à commencer par les fermetures de voies. Un changement de paradigme nécessaire à l’heure où la régénération et la modernisation du réseau doivent monter en puissance.
Face à cette situation, SNCF Réseau et la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) ont présenté, lundi 1er décembre, une étude intitulée « Plus de trains, plus de travaux : une ambition réaliste ? » Celle-ci a pour objectif de « concilier modernisation du réseau et circulation des trains pour répondre à la demande croissante de mobilité durable ».
Comme l’explique très clairement Yves Putallaz, directeur général du cabinet suisse de conseil en gestion des infrastructures IMDM, qui a participé à l’étude : « La problématique des plages travaux c’est une pratique européenne. Pour tous les réseaux, même ceux qui sont dans un meilleur état, la question se pose toujours de savoir s’il y a un moyen de faire différemment ? Qu’elle est l’urgence de ces travaux ? Et puis finalement, quand on observe la taille des réseaux ferrés – en France ce sont plus de 30 000 kilomètres, 120 000 ouvrages d’art, 600 000 poteaux caténaires, 2 200 postes d’aiguillage – nous avons un parc d’actifs qui est remarquablement grand avec un âge moyen élevé. Quoi que l’on dise, quoi qu’on veuille, quelles que soient les contraintes capacitaires, il n’y a pas d’autre choix que de réaliser ces travaux. »