Entre la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) et Ouigo, le courant ne passe toujours pas. À l’occasion de l’annonce du lancement d’un service Bordeaux-Lyon, le lobby des usagers en remet une couche pour dénoncer la stratégie de SNCF Voyageurs avec sa filiale low cost.
« Si nous voulons avoir une desserte du territoire qui serve à la fois les passagers loisirs et les voyageurs professionnels, il faut des lignes avec beaucoup de fréquences. Or, la sous-offre en TGV Inoui est telle que les professionnels n'ont plus de flexibilité », regrette-t-il encore.
Inoui aurait ainsi perdu un quart de son offre en 10 ans (calculée en siège offert au kilomètre) au profit de Ouigo, créé en 2013. Il faut dire que tous les TGV Ouigo sont d’anciens Inoui reconvertis, dans un contexte où SNCF Voyageurs manque cruellement de rames. Si l'arrivée des TGV M en 2026, avec plusieurs années de retard, doit redonner un peu d’air au service Inoui, une partie de la capacité supplémentaire sera transmise à Ouigo qui va en profiter pour récupérer davantage d’anciennes rames. Le service low cost doit ainsi passer de 38 à 50 rames, avec une configuration densifiée et une utilisation intensifiée. Comme l’expliquait la semaine dernière Alain Krakovitch, directeur de l’activité TGV-Intercités, Ouigo a l’ambition de représenter 30 % de parts de marché sur la grande vitesse de SNCF Voyageurs en 2030 (France et Europe comprises). Le patron de la Fnaut estime que ce jeu de vases communicants va repousser à 2030 au moins toute amélioration de l’offre sur TGV Inoui.