Le département du Val-de-Marne, à l'instar de nombreuses collectivités, se trouve pris en étau. Son budget primitif s'élevait à 1,88 milliard d'euros en 2023, mais les dépenses sociales obligatoires (RSA, APA, PCH) représentent à elles seules près de 769 millions d'euros en 2023, constituant le premier poste budgétaire. Or, la sous-compensation de ces allocations individuelles de solidarité (AIS) par l'État est estimée à 199 millions d'euros pour le Val-de-Marne en 2025. À cela s'ajoute l'effondrement des Droits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO), qui a privé le département d'un montant cumulé de 100 à quelques 330 millions d'euros depuis 2021. Cette situation fragilise la capacité du département à maintenir la qualité de ses services essentiels, de l'aide aux personnes âgées ou handicapées à la protection de l'enfance, tout en limitant drastiquement ses marges de manœuvre pour l'investissement. Or, l'investissement public local est un moteur crucial de l'économie, soutenant l'emploi dans le BTP, stimulant l'activité des entreprises et améliorant le cadre de vie des Val-de-Marnais. La stagnation, voire la baisse de cette capacité, risque de freiner l'innovation et le développement territorial.
Pour une autonomie financière et un nouvel élan économique
Face à ce constat alarmant, le Val-de-Marne soutient pleinement les propositions de l'ADF. Il s'agit avant tout d'obtenir une juste compensation des dépenses sociales transférées par l'État, garantissant ainsi les moyens nécessaires à la solidarité territoriale. La Dotation Générale de Fonctionnement (DGF) a connu une perte cumulée estimée à près d’un milliard d’euros selon les projections de l’ADF depuis 2013, affaiblissant considérablement les finances départementales. Le département, déjà confronté à une dette de 1,2 milliard d'euros avec des remboursements annuels approchant les 120 millions d'euros et un taux d'endettement de 82 % en 2024, a dû réduire ses dépenses d'investissement de 39 millions d'euros en 2025 (selon la prévision budgétaire 2025). Les départements demandent également une révision des mécanismes de péréquation, jugés inefficaces, afin d'assurer une meilleure équité entre les territoires. Enfin, une véritable autonomie financière est revendiquée, permettant aux départements de disposer de ressources pérennes et dynamiques pour financer leurs politiques publiques et leurs projets structurants. Un tel rééquilibrage permettrait au Val-de-Marne de restaurer sa capacité d'investissement dans des domaines clés : infrastructures, transition écologique, soutien aux entreprises locales et maintien d'un service public de proximité de qualité. C'est l'engagement du département pour la vitalité économique de son territoire et le bien-être de ses habitants qui est en jeu.