A Charenton-le-Pont, Annie Bost a créé son agence de Relations Presse en coopérative d'emploi et d'activité

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Microgen - stock.adobe.com - [email protected] - Stevica Mrdja

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Dans un contexte où les femmes représentent 43% des créateurs d'entreprise en France selon l'INSEE, Omnicité affiche un record national : trois quarts de ses 360 membres sont des femmes. Ce chiffre spectaculaire semble confirmer l'adéquation entre le modèle coopératif et les besoins spécifiques des entrepreneures.
Un statut hybride pour lever les freins
Les coopératives d'activités et d'emploi proposent un dispositif pionnier : tester son activité tout en bénéficiant du statut d'entrepreneur-salarié. Concrètement, les porteurs de projet développent leur activité en toute autonomie, tout en étant salariés de la coopérative. Ils bénéficient ainsi du régime général de protection sociale, d'un accompagnement personnalisé et de services mutualisés (comptabilité, gestion, formation, appui juridique). « Ce modèle me correspondait totalement. Je ne voulais pas reprendre seule une activité entrepreneuriale après la fermeture de mon agence durant le Covid », explique Annie Bost, fondatrice de Aloé Conseil, spécialisée en Relations Presse-Communication Éditoriale et membre d’une coopérative depuis 2020. Après avoir créé sa première agence de Relations Presse à 20 ans à Bordeaux, puis développé la filiale d’une agence de communication franco-japonaise à Paris pendant 6 ans, cette entrepreneure dans l’âme a découvert le modèle coopératif. « Les aspects administratifs et de gestion sont entièrement pris en charge, ce qui me permet de me concentrer pleinement sur ce que j'aime : le développement commercial de mon activité, l'engagement total auprès de mes clients et mon implication active dans des réseaux professionnels ».
Un accompagnement qui fait la différence
Le parcours proposé par une coopérative commence par une phase de test de l'activité via deux contrats CAPE (Contrat d'Appui au Projet d'Entreprise) de huit mois chacun. Cette durée permet aux entrepreneurs de consolider leur activité avant d'envisager, le cas échéant, la création d'une structure juridique autonome.
En 2024, la coopérative Omnicité a délivré 2.967 heures d'accompagnement individuel et 403 heures de formation. Un investissement qui porte ses fruits : le taux de pérennité des activités créées dépasse la moyenne nationale, avec une diminution notable du sentiment d'isolement et une montée en compétences significative.
Une gouvernance démocratique au service de l'émancipation
Le modèle coopératif, fondé sur le principe « une personne, une voix », favorise la participation des femmes à la gouvernance de l'entreprise. Sur les 360 membres d'Omnicité, 154 sont sociétaires et participent activement aux décisions stratégiques. « Je suis une femme de réseau, je privilégie l'échange d'idées, de compétences et d’expériences. Ce modèle permet de ne pas s'isoler quand on crée et développe une activité », souligne Annie Bost, également membre du premier réseau de Femmes Chefs d'Entreprises en France – FCE.
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La dimension collective constitue un atout majeur : ateliers de travail, échanges entre pairs, effet « rôle modèle » des pionnières auprès des nouvelles membres. Cette dynamique solidaire contribue au succès du modèle et à la création de communautés d'entraide féminine.
Des chiffres qui parlent
Depuis sa création en 2007, Omnicité a accompagné 1.649 indépendants, dont 945 ont créé leur CDI via la coopérative. En 2024, la structure affiche un chiffre d'affaires consolidé de 15,4 millions d'euros, généré par les activités des entrepreneurs-salariés.
L'approche inclusive de la coopérative se traduit par un accueil facilité pour des profils variés : 76% des adhérents ont plus de 45 ans. Des actions de sensibilisation à la lutte contre les discriminations et une politique d'accueil indifférencié (handicap, diversité) complètent le dispositif.