L'incinérateur de Thiverval-Grignon, exploité par Paprec Energies, a été arrêté 18 fois en 2024 suite à des explosions de bonbonnes de protoxyde d'azote, pour 1,3 million d'euros de réparations. Ces détonations, qualifiées de « coups de canon », détruisent les équipements (grilles en fonte cassées, vitres soufflées) et mettent en danger le personnel.
Paprec Energies (qui exploite l'incinérateur) et le SVDU confirment que la plupart des 120 centres de tri français sont concernés. Les incidents du premier semestre 2025 dépassent déjà ceux de 2024. Un tiers des installations françaises subiraient ces explosions, avec un coût pouvant atteindre 200 000 euros par incident entre réparations et arrêts techniques.
Un phénomène national qui explose en Île-de-France
Les bonbonnes de protoxyde d'azote, popularisées comme drogue récréative sous le nom de « gaz hilarant », se retrouvent massivement dans les ordures ménagères. Mal vidées ou encore sous pression, elles explosent au contact de la chaleur des fours d'incinération. À Thiverval-Grignon, les « coups de canon » surviennent sans prévenir, paralysant l'installation pendant plusieurs heures ou jours le temps des réparations. Au-delà du coût financier, ces arrêts perturbent la valorisation énergétique des déchets et obligent à réorienter les tonnages vers d'autres sites, générant des surcoûts logistiques pour les collectivités.
Le Sénat et l'Assemblée s'emparent du dossier
Face à l'ampleur du phénomène, les débats parlementaires évoquent plusieurs pistes : restreindre la vente de protoxyde d'azote aux seuls professionnels, intégrer ces déchets à la filière des « déchets diffus spécifiques » via la responsabilité élargie du producteur (REP), lancer des campagnes de sensibilisation et organiser la reprise des bonbonnes avec incitation financière.
Le SVDU propose également de renforcer la réglementation et de développer des solutions techniques pour détecter ces bonbonnes avant qu'elles n'atteignent les fours. Le gouvernement a indiqué son soutien à ces mesures, face à une situation qui menace la sécurité des salariés et la pérennité économique des installations de traitement.
Pour les Yvelines, où la densité démographique génère d'importants volumes de déchets, ces explosions révèlent la fragilité du système de valorisation énergétique. L'incinérateur de Thiverval-Grignon traite chaque année des centaines de milliers de tonnes d'ordures ménagères. Son indisponibilité récurrente pèse sur l'ensemble de la chaîne, des collectivités aux contribuables, et menace l'atteinte des objectifs de valorisation énergétique fixés par la réglementation européenne.
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