Le 9 novembre, l'hôtel des ventes des Chevau-Légers à Versailles a mis en vente un lampas exceptionnel de 208,5 cm ayant appartenu à Marie-Antoinette. Estimé entre 4 000 et 5 000 euros, ce tissu précieux illustre le dynamisme du marché des enchères de prestige dans les Yvelines, où Versailles s'affirme comme une place forte du patrimoine royal.Commandé en 1779 à la manufacture lyonnaise Charton, ce lampas en satin broché a orné plusieurs pièces du château de Versailles avant d'être transmis de génération en génération. L'étoffe, qui a conservé son cachet à l'encre d'origine et ses documents d'archives, a suscité l'intérêt de 400 acquéreurs inscrits pour cette vacation.
Cette vente s'inscrit dans la stratégie déployée par la maison Osenat depuis plusieurs années. Après avoir fait de Fontainebleau la référence mondiale pour les souvenirs napoléoniens, le commissaire-priseur développe Versailles comme place incontournable pour les objets royaux. Un positionnement gagnant : le chiffre d'affaires d'Osenat est passé de 21,7 à 32,5 millions d'euros entre les premiers semestres 2023 et 2024, soit une progression de 68%.
Un écosystème économique structuré
Le marché des enchères de prestige dans les Yvelines s'appuie sur un tissu d'acteurs spécialisés : commissaires-priseurs, experts en textile et patrimoine, restaurateurs. Ces ventes attirent une clientèle internationale de collectionneurs, conférant au département un rayonnement qui dépasse largement ses frontières.
À Versailles, plusieurs maisons de ventes se partagent le marché, organisant des dizaines de vacations annuelles. La proximité du château et la charge symbolique du lieu constituent des atouts majeurs pour valoriser ces objets d'exception. D'ailleurs, une autre vente de prestige est programmée le 30 novembre avec un tableau de Rubens estimé entre 1 et 2 millions d'euros.