Avec 12% de passoires thermiques et un parc vieillissant, le département lance son Pacte territorial France Rénov' 2025-2027, doté de 10,1 millions d’euros (5,6 M€ pris en charge par l’Anah (56 %), 3,7 M€ par le Département des Yvelines (36 %), 750.000 € par les EPCI). En parallèle, la filière des matériaux biosourcés se structure autour de la création d’une future forêt d'exploitation de 350 hectares à Chanteloup-les-Vignes.
Les Yvelines font face à un défi de taille : rénover un parc immobilier largement vieillissant. La ville de Versailles, avec un taux de 32 % de passoires thermiques, fait partie du classement des dix villes comprenant le plus grand nombre de passoires thermiques en France, derrière des villes comme Vincennes (44 %), Colombes (43 %), Paris (42 %), Saint-Maur-des-Fossés (41 %), Asnières (35 %) ou Levallois-Perret (35 %). Au total, les chiffres de l’Ademe sont sans appel : près de 12% des logements dans le département sont classés en passoires énergétiques, concentrés principalement dans l'ouest rural, justement où les entreprises certifiées RGE se font rares. À l'inverse, seuls 22% des logements sont considérés comme économes, un chiffre insuffisant au regard des objectifs réglementaires.
Un parc immobilier à moderniser d'urgence
Les chiffres révèlent l'ampleur du chantier : 55% des immeubles collectifs privés datent d'avant 1974 et affichent une performance énergétique faible. Côté logement social, 70% des HLM ont été construits entre 1950 et 1989, rendant indispensables des opérations d'isolation par l'extérieur. Ces bâtiments anciens nécessitent des interventions lourdes – isolation thermique, modernisation des chaudières, gestion des réseaux de chauffage – pour atteindre les nouveaux standards énergétiques et éviter l'interdiction progressive de mise en location des logements énergivores d'ici 2030.
10,1 millions d'euros pour atteindre l’objectif
Pour accélérer la dynamique, le Pacte territorial France Rénov' Yvelinois 2025-2027 mobilise plus de 10,1 millions d'euros en fonds répartis entre l’Anah, le Département, et en coordination avec l'État et les collectivités. Les aides varient de 3 000 à 4 000 euros selon les catégories de ménages, tandis que les logements sociaux peuvent bénéficier d'une prise en charge jusqu'à 30% du coût hors taxes des travaux.
Les matériaux biosourcés, nouvelle frontière de la rénovation
Parallèlement, les Yvelines structurent une filière locale de matériaux biosourcés pour verdir la rénovation. Le département crée une forêt d'exploitation de 350 hectares à Chanteloup-les-Vignes destinée à alimenter l'industrie locale. Bois massif, paille, chanvre, fibre de bois, ouate de cellulose et béton de bois s'imposeront progressivement dans les chantiers, notamment dans les opérations scolaires comme la cité de Sartrouville livrée cet automne.
L'objectif régional vise 25 à 40% d'intégration de matériaux biosourcés dans les travaux lourds d'ici 2030. Cette transition attire de nouveaux profils, à l'image d'Irène Corral-Hernandez, ingénieure ayant travaillé 20 ans dans l'énergie, reconvertie en marchande de biens. « La remise en état des biens immobiliers avant une remise sur le marché, est essentielle eu égard aux besoins en matière de logements. » explique-t-elle.
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Depuis février 2025, elle recherche son premier projet dans l'ouest yvelinois, ciblant Achères, Poissy, Conflans-Sainte-Honorine ou Sartrouville, « ces zones ont un potentiel de développement majeur car les projets du Grand Paris y dessinent la carte des futurs transports en commun. » De même, elle suit de près la filière biosourcée « La filière est en train de se structurer, je suis particulièrement l’industrialisation, et donc la baisse du coût du matériau, du chanvre pour l’isolation. » raconte l’ingénieure.
Un marché complexe mais porteur
Les freins demeurent : surcoût de 2 à 5% par rapport aux solutions conventionnelles, disponibilité de la ressource, manque de compétences spécialisées. Pour y répondre, plusieurs chantiers-écoles et formations professionnelles se développent dans le département, créant progressivement un savoir-faire local adapté. Une dynamique qui pourrait permettre aux nouveaux acteurs comme Irène de concrétiser leurs projets.