Trappes : 149 millions pour enfouir la RN10 et réunifier la ville

Trappes : 149 millions pour enfouir la RN10 et réunifier la ville
LT #10 78 TRAPPES RN10 @VILLE DE TRAPPES Couvn10_panneaublanc_saturé

Trappes : 149 millions pour enfouir la RN10 et réunifier la ville
LT #10 78 TRAPPES RN10 @VILLE DE TRAPPES Couvn10_panneaublanc_saturé
Trappes vit son chantier du siècle. Depuis février 2021, la transformation de la RN10 s'accélère pour atteindre cet automne sa phase décisive : le creusement d'une tranchée de 700 mètres enfonçant la nationale de 6,5 mètres sous son niveau actuel. Un projet de 149 millions d'euros au total qui va métamorphoser une ville littéralement sectionnée par 80 000 véhicules quotidiens générant nuisances sonores, pollution et insécurité.
Le diagnostic justifiait l'urgence. La RN10 traverse Trappes en créant une coupure urbaine majeure, avec des carrefours illisibles et dangereux aux heures de pointe. Pour les décideurs locaux, cet axe incarnait l'aberration d'un urbanisme sacrifié aux flux automobiles, freinant le développement économique et dégradant le cadre de vie. Le projet répond par l'enfouissement : dix-huit mois pour enterrer le sens Province-Paris, douze mois pour le sens inverse, avec maintien de la circulation hormis quelques rares restrictions ponctuelles.
L'investissement mobilise tous les échelons territoriaux : État (45,7%), région Île-de-France (27,5%), département des Yvelines (10,5%), agglomération Saint-Quentin-en-Yvelines (14,2%) et ville de Trappes (2,1%). Un financement croisé qui illustre le caractère stratégique du projet pour la requalification urbaine yvelinoise. Les retombées économiques immédiates sont tangibles : entreprises de BTP, logistique, déminage préalable en raison des bombes non explosées de la Seconde Guerre mondiale.
Trois plateaux urbains couvriront la tranchée pour reconnecter la ville. Le plus grand, 116 mètres devant l'Hôtel de Ville, symbolisera la reconquête urbaine. Deux autres relieront rues et espaces clés du centre. Ces dalles accueilleront espaces publics de qualité, parcours piétonniers et cyclables, végétalisation, redéfinissant l'identité de Trappes. Une concertation citoyenne accompagne la conception de ces aménagements, associant habitants à la transformation de leur territoire.
Pour les commerces trappistes, l'enjeu dépasse l'esthétique. La réunification urbaine fluidifiera les déplacements entre quartiers aujourd'hui isolés, élargissant les zones de chalandise. L'accessibilité améliorée aux équipements, zones d'activité et transports en commun renforcera l'attractivité économique. Les promoteurs immobiliers anticipent déjà une revalorisation foncière des secteurs aujourd'hui enclavés.
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La sécurisation de deux carrefours critiques (RN10/RD912 et RN10/RD23) via passages souterrains et signalisation repensée réduira l'accidentologie et fluidifiera le trafic. Pour les entreprises yvelinoises dépendantes de la logistique, la fiabilisation des temps de parcours constitue un gain de compétitivité direct. Le projet intègre également les mobilités douces, avec pistes cyclables sécurisées et continuités piétonnes.
Un agent de proximité sur le chantier accompagne les riverains pour limiter les nuisances, tandis qu'une communication régulière informe le public. Des réunions publiques rythment les étapes clés, reconnaissant les désagréments temporaires pour un bénéfice durable. Mi-2028, Trappes émergera transformée : apaisée, reconnectée, attractive.
Le projet préfigure les mutations urbaines franciliennes. Enfouir les infrastructures routières héritées des Trente Glorieuses, reconquérir l'espace public, prioriser les mobilités actives : un modèle de réconciliation entre développement économique et qualité de vie.