La communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) a déployé 14 fresques visibles dans 23 communes des Yvelines depuis le lancement de l'opération "Un mur, une œuvre", transformant la Vallée de Seine en musée à ciel ouvert. 10 nouvelles communes viennent d'être sélectionnées pour accueillir de nouveaux « graffitis ». Deux fresques réalisées à Chatou ont été distinguées parmi les 10 plus belles de France en 2021.
Au-delà de l'embellissement urbain, le street art génère un impact économique positif. Partout dans le département des festivals, comme ceux organisés au printemps à Saint-Germain-en-Laye et Le Vésinet, attirent un flux de visiteurs qui soutient les commerces locaux (restaurants, cafés). Au-delà de la hausse de fréquentation pendant ces événements, les fresques demeurent, le flux des touristes gonfle durablement. Et par voie de conséquence, les collectivités investissent.
Des commandes publiques et privées structurent la filière
L'engouement est tel que certains artistes de la région bénéficient désormais d'une reconnaissance économique avec des commandes publiques et privées. Ainsi, c'est tout le secteur qui bénéficie de financements lui permettant de de professionnaliser, alors qu'il a longtemps été cantonné à la marginalité. De plus en plus de fresques ornent des bâtiments publics, logements sociaux et équipements sportifs, témoignant d'une acceptation institutionnelle du street art comme vecteur de requalification urbaine.
De vandales pourchassés dans les années 1990-2000, les street artistes sont devenus des prestataires culturels rémunérés par les collectivités et les bailleurs sociaux. Le marché se structure, les agences spécialisées mettent en relation les commanditaires et les artistes, fixent les tarifs (de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d'euros selon la surface et la notoriété de l'artiste), et gèrent les droits d'auteur.
Un levier d'attractivité territoriale
Pour GPSEO et les communes yvelinoises, le street art constitue un levier d'attractivité territoriale à moindre coût comparé aux équipements culturels traditionnels (musées, salles de spectacle). Une fresque monumentale coûte entre 5 000 et 30 000 euros selon la complexité, pour un impact visuel immédiat et une visibilité sur les réseaux sociaux amplifiée par les habitants et visiteurs.
La distinction nationale des fresques de Chatou confirme que les Yvelines ne se contentent pas de suivre la tendance, mais produisent des œuvres de référence. Cette reconnaissance participe au rayonnement culturel du département, souvent perçu comme résidentiel et patrimonial (Versailles, Saint-Germain-en-Laye), mais moins identifié sur l'art contemporain.
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