Yvelines : le viaduc d'Achères divise à l'approche des travaux de 2027

Plan synoptique du projet de viaduc d'Achères.
Crédit : Conseil Départemental des Yvelines

Plan synoptique du projet de viaduc d'Achères.
Crédit : Conseil Départemental des Yvelines
Déclaré d'utilité publique en 2013, le projet de liaison RD30-RD190 prévoit un viaduc de 750 à 780 mètres intégré à une nouvelle infrastructure d'environ 6 km. Le budget initial de 120 millions d'euros en 2011 est désormais estimé à plus de 200 millions compte tenu de l'inflation, de l'allongement du viaduc et des adaptations (écrans acoustiques, protections hydrauliques).
Objectifs : désengorgement et développement territorial
Pour le Conseil départemental des Yvelines, l'ouvrage vise à désengorger la boucle de Chanteloup, accompagner le développement urbain, économique et logistique du secteur (OIN Seine-Aval), réduire la congestion des ponts existants, notamment celui de Poissy, et faciliter l'intégration du Tram 13 Express.
Le projet doit desservir directement les nouvelles ZAC dont Carrières Centralité et Ecopôle Seine-Aval. Le département y voit un levier « indispensable » pour l'attractivité, le développement territorial et le désenclavement de la boucle de Chanteloup, avec un co-financement de la Région Île-de-France.
Polémiques environnementales et juridiques
Les travaux préparatoires engagés en 2025 ont provoqué de vives mobilisations. Plus de 140 arbres ont déjà été abattus à Triel-sur-Seine et Achères, suscitant l'indignation d'associations, d'opposants et d'une partie des élus. Des maires se sont opposés à la rétrocession de certains chemins ruraux pour préserver le patrimoine naturel local.
L'Autorité environnementale (MRAe) et le Conseil scientifique régional (CSRPN) ont émis des réserves : actualisation des études de trafic nécessaire, critique de la non-conformité au Zéro Artificialisation Nette (ZAN), interrogation sur l'efficacité réelle des mesures compensatoires, regret sur la perte de biodiversité. Une « marche des résistances » s'est tenue fin septembre 2025 pour fédérer les luttes écologistes.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Mesures compensatoires et suivis sur 50 ans
Le projet prévoit des compensations écologiques : restauration de prairies, haies, mares, reboisement, protections faune, mesures de limitation du bruit, gestion des eaux pluviales (rigoles, bassins, protections contre le risque inondation). Un suivi écologique est prévu pendant au moins 10 ans, avec du foncier compensatoire acquis jusqu'à 50 ans.
Des études hydrauliques garantissent la limitation de l'impact sur la ligne d'eau de la Seine, avec des murs anti-bruit démontables en cas de crue et un équilibre déblais/remblais imposé par le Plan Global d'Aménagement de la Plaine d'Achères.