Un budget qui repousse les décisions après les élections

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Le budget de ce mercredi était essentiellement un exercice politique, sans réelle décision économique

Il faut donner un nouveau coup de chapeau à la chambre des communes. Le spectacle qu'elle offre, celui d'un 'affrontement politique pur, reste extraordinairement vivant. Les deux principaux partis se font face, à seulement quelques mètres de distance. Ca crie de partout, chacun pointe l'autre du doigt, les blagues potaches fusent... Bref, on s'amuse bien.

Ca tombe bien, parce qu'à part ça, il n'y avait finalement pas grand chose à tirer du budget présenté aujourd'hui (le document du Trésor se trouve ici). Essentiellement, les principales décisions ont été repoussée à après les élections. Soit les conservateurs gagnent, et ils passeront un budget d'urgence dans les 50 premiers jours. Soit les travaillistes restent -miraculeusement- au pouvoir, et ils commenceront sérieusement à s'occuper du déficit lors du "spending review" prévu à l'automne.

On peut quand même tirer quelques grands leçons de ce budget.

- Premièrement, les travaillistes n'ont pas succombé aux tentations d'un cadeau pré-électoral. Ils ont sans doute compris que les Britanniques comprendraient immédiatement que la ficelle était trop grosse.

- Deuxièmement, le déficit britannique reste abyssal (11,8% du PIB cette année, mais 12,2% selon les critères plus stricts de Maastricht), mais il est "moins pire" que prévu. De plus, étant donné que la dette demeure relativement limitée (71% du PIB, toujours selon Maastricht), le pays n'est pas aujourd'hui dans une situation de type grec. Certes, il lui faudra réduire ses déficits de moitié en cinq ans pour garder la dette à moins de 90% du PIB, ce qui n'est pas une mince affaire, mais ce n'est pas impossible. Bref, la crédibilité financière du gouvernement britannique, sans être encore vraiment solide, est un peu renforcée par ce budget.

- Troisièmement, le budget expose les difficultés des conservateurs. Face à un gouvernement qui a arrêté d'augmenter les dépenses, même s'il n'a pas encore commencé la rigueur, leur message devient difficile à lire. Que veulent-ils exactement couper? A quelle vitesse? A quel prix social? Ces questions demeurent sans réponse. (Les travaillistes n'en disent pas plus eux-mêmes plus sur leurs méthodes pour réduire le déficit, mais la différence est que ce n'est pas leur message principal).

Maintenant, la campagne électorale est ouverte. Le débat sur le déficit et sa réduction va reprendre. Ce sera probablement le principal point d'affrontement. Pourtant, je serais surpris que les travaillistes ou les conservateurs dévoilent leur projet précis pour redresser les comptes de l'Etat. Il faudra attendre après les élections pour en savoir plus.

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