Le baiser de la mort de Tony Blair

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Tony Blair vient d'apporter son soutien officiel à Gordon Brown, un acte qui n'arrange guère le premier ministre britannique

Les amateurs de complots et de réglements de compte peuvent se régaler. Comment interpréter autrement le premier discours politique de Tony Blair depuis qu'il est parti de Downing Street? L'ennemi préféré de Gordon Brown, qui l'a dépassé sur la corde en 1994 pour prendre la direction du parti travailliste, a brisé ce mardi son silence sur la politique britannique, pour rendre hommage à "l'expérience, au jugement et à l'audace" de l'actuel premier ministre.

Pourtant, Tony Blair pas n'ignore pas qu'il est devenu toxique en Grande-Bretagne. Il a beau avoir remporté trois élections successives, son nom est aujourd'hui contaminé par la guerre en Irak. Tant qu'il restait à Downing Street, son charme d'avocat continuait à lui permettre de faire partiellement oublier le conflit. Mais depuis qu'il a quitté la vie politique britannique, le charme a disparu et il ne reste plus que les faits. De plus, rares ont été les nouvelles "positives" le concernant. Il n'est désormais question de lui qu'à deux occasions: pour expliquer les sommes extraordinaires qu'il gagne (voir le passionnant article du Times en décembre dernier), et pour parler de l'Irak. La dernière fois qu'il s'est exprimé publiquement en Grande-Bretagne était pour s'"expliquer devant le jury de l'enquête sur l'Irak. La foule d'activistes et de familles de soldats morts en Irak l'avait hué, l'accusant d'être un meurtrier.

Bien sûr, le silence complet de Tony Blair pendant cette campagne électorale aurait été difficile à tenir. Mais Gordon Brown n'a répondu que du bout des lèvres à la "flatterie" de son ancien adversaire. "Je suis content que Tony Blair fasse campagne et je suis content qu'il reconnaisse qu'il y a un vrai risque, un vrai danger, une vraie menace du parti conservateur." En langage diplomatique, on fait difficilement plus froid...

 

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 31/03/2010 à 14:53 :
Intéressant ! En suivant la logique jusqu'au bout, il faudrait vérifier si le discours de Tony Blair dans son ancienne circonscription n'a pas été payé par les conservateurs... ;)

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