Grosse rechute choc de l'économie britannique

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Copyright Office of national statistics (Crédits : Office of national statistics)
Enorme choc en Grande-Bretagne: le PIB au 4ème trimestre a reculé de 0,5%, selon les premières estimations publiées ce mardi matin. C'est pire que les prévisions les plus pessimistes, et cela accentue les inquiétudes sur l'économie britannique pour les mois à venir.

Le chiffre a pris tout le monde par surprise. La croissance au 4ème trimestre 2010 a reculé de 0,5%, selon la première estimation de l'Office of National Statistics. Les économistes prévoyaient une croissance de +0,4%.

D'où vient cette grosse rechute? Le secteur des services, le plus important de l'économie, a reculé de 0,5%. Cette baisse vient de trois catégories : la distribution, les hôtels et les restaurants reculent de 0,5%, un chiffre catastrophique pour une période de Noël; les services aux entreprises et les services financiers connaissent eux aussi une forte baisse de 0,7%; et le transport, les communications et le stockage chutent de 0,8%.

Autre mauvaise surprise: le BTP a perdu 3,3%. Seule la production, et notamment le secteur manufacturier, aura soutenu l'économie, avec une croissance de 1,9%.

Certes, les grosses chutes de neige de décembre ont fortement ralenti la consommation et les déplacements. Le BTP en a certainement été fortement affecté, de même que la distribution. De plus, les statistiques économiques britanniques ont souvent été revues à la hausse ces dernières années, après de premières estimations négatives.

Mais cela n'explique pas tout. L'économie britannique a reculé au 4ème trimestre. Techniquement, ce n'est pas une récession, puisqu'il faut deux trimestres de suite pour que cela soit considéré comme telle, mais c'est un revers. "La probabilité d'un retour à la récession a certainement augmenté", estime Chris Williamson, économiste à Markit.

Tout indique en effet que le ralentissement va s'accentuer. L'inquiétude concerne notamment les ménages: jusqu'à présent, ils ont surpris par leur capacité à continuer à consommer pendant cette crise. Mais cela pourrait ne pas durer. "Les chiffres que nous avons pour l'instant en janvier, notamment sur les finances des ménages, suggèrent que le consommateur pèse négativement sur la croissance", poursuit Chris Williamson.

Mais surtout, et c'est le vrai problème, l'austérité va bientôt entrer en vigueur. Toutes les coupes budgétaires annoncées jusqu'à présent commencent à prendre effet en avril, début de l'année fiscale britannique. Actuellement, plus d'une centaine de milliers d'emplois sont en cours de suppression dans les mairies. Dès le 4ème trimestre, le secteur public a pesé négativement (-0,2%) mais cela va s'accélérer. "Etant donné que la contraction du PIB au 4ème trimestre s'est passée avant même les coupes budgétaires, cela renforce les sérieuses inquiétudes de la capacité de l'économie à croître", estime Howard Archer, économiste à Global Insight.

Pour la banque d'Angleterre, sous pression à cause d'une inflation à 3,7%, cela signifie que le statu quo est presque certain pour l'instant. Les taux d'intérêt vont rester à 0,5%, niveau historiquement bas, pour longtemps.  

 

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