Les femmes un défi pour tous

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(Crédits : DR)
Le Women’s forum vient d’ouvrir ses portes à Deauville. Pendant 3 jours, 1300 participants, plus de 250 speakers, venus de plus de 70 pays, 58 entreprises et partenaires, 600 organisations vont débattre sur la place des femmes dans le monde et leur devenir.

Initié en 2004 par Aude de Thuin (aujourd'hui organisatrice d'Osons la France), le Women's Forum a choisi cette année une thématique volontairement altruiste et positive pour célébrer son 10ème anniversaire ; elle est plus que jamais d'actualité. Et vise à réfléchir sur la manière de construire un monde plus équitable à l'avenir. La question paraît d'autant plus urgente et cruciale tant sur le plan économique, social et humain que le monde subit une intensité de violence inédite depuis la seconde guerre mondiale. Guerres, attaques terroristes, criminalité... Les statistiques sont sans appel. Les experts le répètent les uns après les autres, le niveau d'inégalités dans le monde, creuse le lit de la barbarie. Il est urgent d'agir. Dans l'intérêt de toutes et tous. Non seulement sur le plan humain mais aussi économique.

Dix jours après l'attribution du prix nobel de la paix, à  Malala Yousafzai et l'Indien Kailash Satyarthi, le combat pour la liberté des femmes et le droit à leur éducation sont au cœur de l'actualité mondiale. Les extrémistes ont parfaitement entendu le message  de la jeune Pakistaine qui brandit « le livre comme arme contre la barbarie ».

Les femmes lettrées sont leurs cibles symboliques. En Irak, des femmes diplômées sont aujourd'hui exécutées ; leur crime ? Avoir étudiées. Le 5 octobre, les djihadistes ont assassiné Imane Mohammed Younos, ancienne députée sunnite du Front turcoman d'Irak dans la ville de Tal Afar, à l'ouest de Mossoul vers la frontière syrienne. A Mossoul, trois femmes dont deux médecins et une diplômée en droit ont également été exécutées par l'EI. A la frontière turque, en pleine ville assiégée de Kobane, les mères de famille se sont mues en guerrières, elles ont pris les armes, elles sont en première ligne pour défendre leur liberté et sont prêtes à sacrifier leur vie. Chaque jour, on enterre les corps des martyrs.

Mais, l'Irak et la Syrie ne sont pas les seules terres d'horreur pour les droits humains. Il y a six mois, la secte Boko Haram a enlevé 276 lycéennes nigérianes. La mobilisation médiatique internationale qui a réuni aussi bien Michelle Obama, le tout Hollywood qu'Anne Hidalgo, Carla Bruni ou Valérie Trierweiler n'y change rien. Nous sommes sans nouvelle ; l'attention des medias s'est détournée et les appels à la mobilisation restent vains.

Le Nigeria n'est pas le seul pays où la souffrance des femmes est quotidienne. Le 13 octobre dernier, l'envoyée spéciale de l'ONU Zainab Bangura a lancé un cri d'alarme, sur les violences sexuelles qui sévissent dans la guerre au Soudan du Sud ; elles vont hanter cette région du monde pour les générations à venir. La haine engendre la haine. « Je n'ai jamais rien vu de pire depuis près de 30 ans. Les corps des femmes et des enfants constituent un champ de bataille. Après avoir été violées, des victimes ont été mutilées et rejetées. »

Des monstruosités de la sorte, perpétuées en 2014, on pourrait en énumérer des listes entières. Et la violence faite aux femmes ne se cantonne pas seulement aux pays sous-développés. En France, la pauvreté a le visage des femmes. 8 millions de Français vivent dans la pauvreté dont 4 millions de femmes et deux millions d'enfants. La violence conjugale, certes, diminue ces dernières années dans l'hexagone, mais elle continue. Chaque année, dans notre pays, 75 000 femmes sont violées et 146 meurent sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Les associations, les militantes le disent ; on assiste aujourd'hui à des risques de régression.

Croire que le Women's Forum, ne serait qu'un colloque de cheffes d'entreprise et de femmes aisées, des « ambitieuses », est totalement réducteur. Bien sûr, ici, dans les allées, on croise le gotha de la classe dirigeante française qui se chausse en stilettos. Véronique Morali, en présidente du forum, de Fimalac Développement, créatrice du groupe TF Co et de Terrafemina, incarne ce mouvement. Tout comme Anne Lauvergeon, l'une des fidèles du forum ou Clara Gaymard, qui est appelée dans les années à venir à prendre une part plus importante dans le mouvement. Et plus encore Christine Lagarde, directrice du FMI, qui interviendra aujourd'hui, en fin d'après-midi.

Mais, au delà de l'engagement de ces entrepreneuses pour la promotion des femmes dans les entreprises, au niveau des instances dirigeantes notamment, c'est l'ensemble de la condition féminine qu'elles entendent défendre. L'équipe constituée autour de Jacqueline Franjou qui mène au jour le jour l'expansion du Women's Forum est investie d'une vision humaniste qui vise à faire entendre et progresser non seulement en France, au Brésil, en Birmanie, bientôt à Dubaï mais aussi à Mexico la voix et la condition des femmes. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Jacqueline Franjou a reçu le grand Prix du rayonnement de la France, la semaine dernière, des mains de Laurent Fabius. L'enjeu et les résultats sont là.

Que l'on parle économie, problème de la faim dans le monde, emploi et devenir, opportunité de carrière, droit à l'éducation... Le sujet central du Women's Forum reste le même : promouvoir les femmes dans toute leur diversité et faire valoir leurs droits. Celui d'être respectées et de vivre dans la dignité pour celles qui ne représentent, pardon, que la moitié de l'humanité.

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