Pages Jaunes, le géant de papier

Fonds propres négatifs, dette colossale... Le modèle du groupe repose sur un fragile équilibre financier, soutenu, jusque-là, par une situation de monopole sur l'édition d'annuaires imprimés. Mais, la transition sur Internet constitue une réelle menace pour les marges.
(Crédits : Tribune)

Une fois encore, Pages Jaunes aura pu compter sur sa domination sans partage du marché français de l'édition d'annuaires imprimés pour s'affranchir de la morosité conjoncturelle. Le groupe s'est même octroyé le luxe de faire état de performances financières annuelles s'inscrivant dans le haut de la fourchette des objectifs initialement fournis par sa direction. Prévu entre 500 et 540 millions d'euros, la marge brute opérationnelle a finalement atteint près de 530 millions d'euros et ne représente pas moins de 45,4% du chiffre d'affaires.

C'est un peu moins qu'en 2008, mais ces niveaux de rentabilité maintiennent Pages Jaunes au rang des sociétés les plus profitables de France, voire d'Europe. Néanmoins, il n'est pas exclu que le fort courant acheteur sur le titre soit moins motivé par d'alléchantes perspectives de croissance que par l'annonce d'un dividende de 0,65 euro faisant ressortir un rendement confortable supérieur à 8%. Car, pour le moment, la société s'attend à un repli de ses résultats en 2010.

En elle-même, la feuille de route de Pages Jaunes n'a rien de vraiment surprenant dans un contexte d'incertitudes économiques. Et n'importe quel bon père de famille pourrait se satisfaire d'un placement procurant un taux de coupon aussi élevé. A un détail près : le modèle de Pages Jaunes repose sur un équilibre financier fragile. En effet, la dette nette s'élève à 1,9 milliards d'euros pour des fonds propres négatifs à hauteur de 2 milliards d'euros.

Or, pour le moment, le groupe exerçait grâce à sa situation de monopole sur le segment des annuaires imprimés un contrôle quasi-total sur ses marges, elle-même garantes de sa solvabilité. Mais sur la Toile, les barrières à l'entrée sur ce segment n'existent plus vraiment même si le groupe peut s'appuyer sur une marque forte. De fait, l'ouverture à la concurrence constitue une menace sur les marges. Reste maintenant à espérer que l'édifice saura supporter les assauts de l'envahisseur.

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