Wall Street rebondit, les valeurs bancaires grimpent

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Les places américaines ont nettement progressé ce mardi, après avoir touché lundi leur plus bas niveau depuis douze ans. Les indices ont notamment été soutenus par les valeurs financiers. Le Dow Jones gagne ainsi 3,32% à 7.351 points, le Nasdaq progresse de 3,90% à 1.442 points et le S&P 500 s'adjuge 4,01% à 773 points.

Après avoir touché leur plus bas niveau en douze ans lundi, les places américaines ont rebondi ce mardi, soutenues par les valeurs financières. Ces dernières ont profité de déclarations de Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale, et de Sheila Blair, la présidente de la FDIC, l'organisme américain de garantie des dépôts, écartant le scénario d'une nationalisation des banques. Ben Bernanke a par ailleurs évoqué devant le Sénat une "perspective raisonnable" de fin de la récession aux Etats-Unis cette année, si les interventions publiques fonctionnent. Les résultats d'Home Depot et de Macy's ont été en outre bien accueillis par les investisseurs.

Le Dow Jones gagne ainsi 3,32% à 7.351 points, le Nasdaq progresse de 3,90% à 1.442 points et le S&P 500 s'adjuge 4,01% à 773 points.

Sur le front des statistiques, le moral des ménages, mesuré par l'institut privé de conjecture du Conference Board, est tombé en février à son plus niveau historique à 25, contre 37,4 en janvier. Cet indice n'avait donc jamais été aussi faible depuis le début de la publication de cette statistique, en 1967. Et les économistes attendaient de leur côté un chiffre de 35,5.

Par ailleurs, les prix des logements aux Etats-Unis ont enregistré en décembre une nouvelle baisse record, chutant de 18,5% sur un an, selon l'indice S&P/Case-Shiller mesurant les prix dans les 20 plus grandes agglomérations américaines. Après un recul de 18,2% en novembre, les analystes tablaient sur une baisse de 18,3%.

Du côté des valeurs, American International Group (AIG) plonge de 22,64% à 41 cents après des informations relayées par CNBC. L'ancien premier assureur mondial pourrait ainsi annoncer une perte gigantesque de 60 milliards de dollars au quatrième trimestre en raison d'importantes dépréciations d'actifs, notamment dans l'immobilier commercial. Du coup, le groupe pourrait demander une nouvelle aide à l'Etat, après avoir déjà reçu près de 150 milliards de dollars en échange de 79,9% de son capital. En cas d'échec, AIG pourrait alors se placer sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Un scénario jugé cependant peu probable.

Par ailleurs, AIG aurait reçu des offres de la part du français Axa et de l'américain MetLife pour sa filiale d'assurance-vie American Life Insurance, rapporte ce mardi l'agence Bloomberg. Metlife aurait soumis une offre provisoire de 11,2 milliards de dollars, mais le montant pourrait revu à 8 milliards de dollars en raison de la dégradation de la santé financière de la filiale d'AIG. Le numéro un américain de l'assurance vie grimpe de 14,55% à 23,30 dollars.

Les valeurs bancaires sont bien orientées ce mardi. Y compris JPMorgan, qui prend 7,74% à 21,02 dollars. La deuxième banque américaine a annoncé lundi soir une réduction drastique de son dividende au premier trimestre 2009. Celui-ci est ainsi ramené de 38 cents à 5 cents, soit une baisse de 87%, ce qui lui permettra d'économiser 5 milliards de dollars. En outre, Citigroup a relevé ses prévisions de profits pour JPMorgan, tablant sur un bénéfice par action (BPA) de 45 cents sur le trimestre en cours, contre une estimation précédente de 25 cents.

Citigroup justement s'envole de 21,50% à 2,60 dollars. La banque de New York pourrait voir l'Etat américain prendre entre 25% et 40%, plutôt que de la nationaliser en totalité, selon le Wall Street Journal. L'action a rebondi de près de 10% lundi, après avoir touché des niveaux historiquement bas sous la barre des 2 dollars en raison de rumeurs sur une prise de contrôle totale de l'administration américaine. Bank of America prend 20,97% à 4,73 dollars et Wells Fargo progresse de 18,31% à 13,05 dollars.

Sur le secteur de la distribution, les marchés ont bien accueilli les résultats de Home Depot et de Macy's, une semaine après des prévisions en berne émises par leurs concurrents respectifs Lowe's et J.C. Penney. Les deux titres grimpent de 10,48% à 20,67 dollars et de 12,03% à 8,29 dollars.

Home Depot a certes accusé une perte de 54 millions de dollars au titre de son quatrième trimestre, contre un bénéfice de 671 millions de dollars l'année précédente. Les comptes du numéro un mondial du bricolage et de l'aménagement intérieur ont été plombés par d'importantes charges de restructuration. Mais hors exceptionnels, le groupe a dégagé un BPA de 19 cents, soit 5 cents de mieux que les attentes des marchés. Le chiffre d'affaires a reculé de 17% sur les trois derniers mois en raison de la conjoncture économique.

De son côté, Macy's a également dépassé le consensus au quatrième trimestre de son exercice fiscal 2008-09. La deuxième chaîne américaine de grands magasins a enregistré un bénéfice net de 310 millions de dollars sur la période, contre 750 millions l'an passé. Par action et hors exceptionnels, les profits ressortent à 1,06 dollar alors que les marchés tablaient sur 1,01 dollar. Pour l'année en cours, le groupe a maintenu son objectif de BPA compris entre 40 et 55 cents.

Heinz s'adjuge 5,63% à 33,77 dollars. Le groupe alimentaire américain a vu son bénéfice net progresser de 11% au titre de son troisième trimestre, à 242 millions de dollars. Par action, il s'établit à 76 cents, contre 65 attendus par les marchés. Heinz a par ailleurs confirmé ses attentes pour l'ensemble de son exercice, avec des profits escomptés dans une fourchette allant de 2,87 à 2,91 dollars.

Office Depot chute de13,10% à 1,26 dollar. Le distributeur de fournitures de bureau a accusé une perte de 1,54 milliard de dollars au quatrième trimestre 2008. Les comptes du trimestre incluent une charge comptable de 1,27 milliard de dollars, pour dépréciation de survaleur et plusieurs charges avant impôt. Par action et hors exceptionnels, le déficit s'établit à 73 cents, un chiffre bien supérieur aux 6 cents de perte attendus par les marchés. Sur l'ensemble de l'année, la perte atteint 1,48 milliard de dollars.

Enfin, Hertz chute de 2,86% à 3,40 dollars. Le leader mondial de la location de voitures a accusé une perte de 73 millions de dollars au quatrième trimestre, soit 22 cents par action hors éléments exceptionnels. Sur la période, son chiffre d'affaires a chuté de 16% à 1,8 milliards de dollars.

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